RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Le Boulevard de la Mort

Le Boulevard de la Mort

Quentin TARANTINO

Avec Kurt Russell, Vanessa Ferlito, Rosario Dawnson et Zoe Bell TFM – 6 juin 2007 – 1h50

Et ta critique ?




Le moyen métrage de Tarantino pour le double programme Grindhouse devient un long après un bide en Amérique. Ce gros bis assumé est un pur moment de rock'n'roll. Après Reservoir dogs, place à Reservoir girls.


Elles s'appellent Shanna, Jungle Julia, Butterfly ou bien encore Lanna Franck. Ce ne sont pas vraiment des potiches de série B. Ce sont de belles pépées au caractère bien trempé. Depuis Jackie Brown, on le sait: Quentin Tarantino, pape de la culture underground, aime les femmes. Ici, elles sont partout et ne vont pas se limiter à une ravissante présence.

Rendant hommage au cinéma de drive in, le réalisateur de Kill Bill fait finalement penser à Pedro Almodovar. Le boulevard de la mort défend une vision des femmes marqué d'un amour éclatant.

Pourtant l'image est sale. Les couleurs sont criardes. La bande son est puisée dans le répertoire électrique des années 70. Le montage est volontairement charcuté et Tarantino utilise tous les effets pour donner un ton vintage à sa série B.

C'est assez amusant, un poil prétentieux mais cela met finalement en valeur les personnages féminins. Car derrière l'apparente vulgarité, Tarantino se plait à observer les fausses victimes d'un cascadeur fou du volant.

L'intrigue tient sur un ticket de cinoche: Mike la cascade McKay a une grosse voiture et persécutent des femmes qui font la fête. C'est la guerre des sexes version gros cylindres. Mais au lieu de réduire les victimes à de simples pimbêches, Tarantino fait l'inverse: le psychopathe n'est qu'un regard bleu et inquiétant. A ce niveau, la présence de Kurt Russell est fascinante. Après avoir détourné la figure du héros avec John Carpenter (New York 1997, Jack Burton) , le comédien liquide le mâle viril yankee qui a une grosse voiture.

Le tueur n'est qu'un chauffeur malade et Tarantino fait l'honneur de s'intéresser à ses victimes, qui vont plus ou moins se rebiffer. L'hommage aux films foutraques texans (une petite pensée émue pour Russ Meyer), aux films de bagnoles et aux séries B indignes des années 70 n'est qu'une excuse à une belle galerie de femmes, indépendantes, musclées et qui tiennent la dragée haute aux minables qui tentent de les tripoter.

Finalement, c'est en dehors de l'intrigue que se trouve le raffinement du cinéma de Tarantino: ce réalisateur aime policer ses personnages même pour défendre une série B qui salue la mémoire d'un cinéma aussi médiocre qu'irrévérencieux. Ses héroïnes sont magnifiques et maintiennent constamment l'intérêt.

Pressé par le remontage pour le festival de Cannes, le réalisateur aurait dû être un peu plus ramassé mais il sait où se trouve le meilleur dans les genres les plus mineurs. Cette idée du cinéma est trop peu défendue pour ne pas être saluée.

Ces folles du volant sont assez irrésisitibles. Le film apparaît comme léger et crade mais il révèle une œuvre louable et de bon goût. Une dernière preuve: au Texas, dans les bars redneck, pour se mettre la tête à l'envers, on fait un cul sec de Chartreuse. Si ça, ce n'est pas la classe…


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 09/06/2007