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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

Le Bon plaisir

Le Bon plaisir

Francis GIROD

Avec Catherine Deneuve, Michel Serrault, Jean Louis Trintignant et Hyppolite Girardot - 1982

Et ta critique ?




Avant la Conquête, on faisait bien attention lorsque le pouvoir était le sujet d'un film. D'autant que l'on touche à un secret d'état... l'air de rien.


Jean Louis Trintignant en président de la République est une idée jubilatoire. Il a cette grandeur d'âme. Ce grain de folie. Cet humour. Un président comme lui, on veut bien y croire. Il ressemble vaguement à Mitterrand. Plus jeune et plus fougueux.

En ancienne maîtresse du président, Catherine Deneuve n'est pas mal non plus. On sait que nos présidents ont toujours aimé les stars. Certains étaient obsédés par des actrices. Deneuve a cette beauté qui subjugue les grands de ce Monde. Elle est très crédible en amante débordée par une lettre perdue. Dans cette lettre, on pourrait y comprendre que le président a un enfant illégitime...

C'est donc le ministre de l'intérieur qui tente de réparer les dégâts. A ce petit jeu, Michel Serrault est plus que crédible. Pasqua à coté est un clown triste. Fielleux et mordant, le comédien s'amuse en s'imaginant dans l'ombre du pouvoir. Mais savait il, comme les autres, que la fiction collait finalement assez bien à la réalité?

Tiré d'un roman de Françoise Giroud, aux éditions Mazarine, Le bon plaisir, 10 ans avant que l'affaire de l'enfant caché éclate, raconte déjà les secrets d'état très crédible: toute ressemblance avec la réalité est purement fortuite. Il est surprenant aussi d'apprendre que Mitterrand donna son accord pour que certaines scènes puissent être tournées à l'Elysée.

Bien entendu, tous les noms sont changés mais le travail de Giroud et de Girod est admirable. Car cette chronique du pouvoir joue sur toutes les ambivalences des personnages. Le fort et le faible s'affrontent et se découvrent des points communs et des erreurs qui seront exploités. C'est un combat intime et médiatique en même temps.

La mise en scène n'est pas extraordinaire mais les dialogues sont croustillants surtout lorsque l'Histoire est passée par là. Les comédiens assurent le boulot et le vaudeville politique sait se faire sérieux lorsqu'il le faut. Depuis d'autres scandales se sont entassés dans les médias mais cette conjugaison de fiction puis de révélation prouve que le cinéma est un art important, un accès détourné à la vérité!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 01/06/2011