Ce n'est pas l'adaptation d'une célèbre bédé. Ce n'est pas le blockbuster à la française. Rien de tout cela, Largo Winch, c'est simplement le gang des postiches.
Mélanie Thierry est très jolie. Elle a une belle silhouette et des jolis yeux faussement naïfs. Pour Largo Winch, on lui colle une perruque franchement immonde (genre serpillière noire) qui fait pourtant craquer le héros du film.
Ce dernier n'a pas de toupet. Mais les maquilleurs ont collé une barbe en plastique autour de sa bouche. Les premières minutes de Largo Winch sont franchement hilarantes. En ouverture, on a déjà eu droit à quelques cheveux blancs collés sur Miki Manojlovic, acteur fétiche de Kusturica.
Gilbert Melki a lui aussi droit à sa teinture et une vilaine cicatrice. Enfin Kristin Scott Thomas se retrouve avec une méchante mèche pas très jolie qui cache son front. Mais la palme revient à Anne Consigny obligée de jouer avec la coupe de Sonia Rykiel. Tout l'intérêt du premier quart d'heure réside dans ce festival de postiches.
Après la surprise capillaire, le film reprend les rails du bon vieux blockbuster à la française. On fait tout comme les Américains mais c'est un produit made in France. le scénario reprend les premiers albums et l'avénement de Largo Winch, héritier baroudeur d'un empire financier, qui doit faire face à des nouveaux dangers, dans des bureaux et des salles de marchés.
Tomer Sisley joue le héros avec décontraction. Joli garçon, il prend la pose devant les méchants de tout poil. Autour de lui, la caméra s'affole. Elle survole de jolies paysages entre la Croatie sauvage et le HongKong urbain. Elle colle aux personnages dans la moindre baston. ce qui donnent des scènes d'action relativement illisibles.
La musique elle imite les hymnes pompiers des gros budgets américains. Au milieu du film, on se réveille un peu face à une bombe atomique de l'Est qui sauve le héros. Elle porte bien son nom: Bojina Panic. Ensuite le héros court après la vérité, les méchants et un final un peu ringard mais victorieux.
Sans grande saveur, cette grosse production qui lorgne sur les marchés internationaux, est un beau produit de consommation, hélas trop courante pour être inoubliable. Pas vraiment au poil ce film !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 19/12/2008