Cannes approche. Les distributeurs fouillent les fonds de tiroir avant la grande messe du cinéma. Ainsi sort cette suite improbable d’un petit film d’épouvante assez arriviste. Complètement dispensable, si quelqu’un vous en parle, faites le mort !
Surfant sur la vague déjà déclinante du 6e sens, La voix des morts n’avait pour seul mérite, mettre en scène Julien Lepers, euh, Michael Keaton, acteur devenu discret depuis une dizaine d’années. Autrement c’est l’éternel film d’épouvante (pas beaucoup tout de même) avec ectoplasme et concept douteux.
Comme le film a marché aux Etats-Unis, les producteurs remettent cela avec un deuxième volet tout aussi conventionnel que le précédent. Abe Dale assiste au meurtre de sa famille. Il tente de se suicider. Il reste cliniquement mort quelques instants. Quand il revient à la vie, il est chargé à mort d’EVP, des ondes qui se promènent entre les vivants et les morts.
Il peut donc anticiper le destin des gens qu’ils croisent et il les aide à ne pas mourir bêtement. Cependant il est troublé lorsqu’il apprend que le meurtrier de ses proches possède le même don…
Ce qui amuse le plus avec ce genre de série B c’est l’utilisation des statistiques. Il y a toujours des statistiques et des nombres pour donner un semblant de véracité au concept. C’est un peu comme les sondages en politique : il est pris pour argent comptant et on s’en sert comme on veut.
Dans ce second La voix des morts, on apprend donc que près de 1000 personnes se sont approchés d’une lumière blanche chaque jour en Amérique avant d’être réanimée. Avec cela, les auteurs du film tricotent un film d’horreur pas trop effrayant où le héros découvre que sa connection avec l’au-delà n’est pas si bonne que ça. Une fois de plus, tout est basé sur une vision très chrétienne de l’existence, de la rédemption et surtout du Mal. C’est du catéchisme pour demeurés !
Le film digère maladroitement le succès de M.Night Shyamalan, 6e sens, The ring ou encore Destination finale. C’est très sympa de croiser des acteurs que séries réussies : Kate Sackhoff de Battlestar Galactica et Nathan Fillion de Firefly. Pourtant, ils ne cachent pas les effets appuyés d’une mise en scène plate comme un encéphalogramme.
Ce film est déjà mort avant sa sortie que l'on aurait plutôt découvert en dvd. Mais bon c’est le grand ménage chez les distributeurs avant l’ouverture du festival de Cannes !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 11/05/2007