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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 La vengeance dans la peau

La vengeance dans la peau

Paul GREENGRASS

Avec Matt Damon, Joan Allen, Julia Stiles et David Strathairn Paramount – 12 septembre 2007 – 1h50

Et ta critique ?




Il a les mêmes initiales que James Bond. Il fait le même métier. Pourtant Jason Bourne possède des méthodes très différentes et plus réalistes. De plus en plus spectaculaire, le troisième épisode des «dans la peau» est la plus haletante des courses-poursuites.


Déjà réalisé par Paul Greengrass, le second volet des aventures de Jason Bourne impressionnait par son absence totale de glamour. Greengrass, issu du documentaire, collait au plus près de son personnage. Il donnait à voir le chaos dans lequel cet espion amnésique tentait de survivre.

Le troisième épisode continue sur la même voix. Depuis trois ans, Jason Bourne est un homme traqué et sur il est toujours sans identité. Pour lui, beaucoup de personnes ont perdu la vie et pour eux, il veut tout faire pour découvrir ce qu’il lui est arrivé et qui est caché derrière son trouble passé.

L’espion se confronte à la toute puissante CIA. La bataille sera énorme et aura lieu un peu partout dans le Monde. Suivant Bourne à la culotte, le réalisateur bouscule les conventions du film d’espionnage. Même s’il semble indestructible, Jason Bourne est un agent secret atypique, discret et presque imperméable. Doué pour détruire chaque ville où il passe, il reste un mystère et même à la fin de ce film, tout reste à construire pour cet étrange héros, capable du pire.

Il prouve que John McLane a tout de même vieilli malgré sa récente apparition. Jason Bourne a tout du héros moderne. Il possède toutes les ambiguïtés de l’Amérique post 11 septembre. Il a toutes les qualités pour être le héros d’une trilogie finalement de très haut niveau.

Ce mélange de môme paumé et d’assassin redoutable (Matt Damon est toujours aussi bon) n’est pas la seule originalité de ce blockbuster réussi. Là encore, le film est entièrement tourné vers l’action. La mise en scène ressemble à un documentaire de guerre. La caméra est secouée par les agissements du héros mais aussi de ses adversaires, omniscients et omniprésents.

La patte Greengrass (Bloody Sunday, Vol 93) fonctionne à plein régime dans un tel film d’espionnage. L’histoire est tout bonnement inconcevable mais le réalisateur s’applique à la filmer avec une grande véracité. Le film gagne alors en efficacité surtout dans les scènes d’action, pas toujours lisibles mais palpitantes.

Au cœur de l’action, le spectateur assiste à une chasse à l’homme hallucinante. Le souffle court du personnage central est ressenti. La notion de danger est immédiate. Les grandes villes du Monde sont des labyrinthes dangereux. La vengeance dans la peau est un très bon film d’action qui, espérons le, donnera l'envie à McLane de prendre sa retraite.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 10/09/2007