La petite entreprise de Pierre Jolivet ne connaît pas la crise. Toujours dans l’air du temps, sa nouvelle comédie est un divertissement contemporain et plaisant. Sans plus.
Pierre Jolivet est un type sympathique. Son cinéma filme les marginaux ou les petits gars courageux qui doivent affronter un pouvoir souvent injuste. Il défend la différence, l’effort et l’amitié. Ses films ont des valeurs justes et rigolardes. Il se frotte à tous les genres mais avec un humanisme léger.
Après Ma petite entreprise, il continue de fouiller le monde actuel avec La très très grande entreprise. Le concept part d’une réalité habituelle. Le combat d’une communauté face à un gros industriel. On entend souvent aux nouvelles les dégâts de la pollution, dus à une bonne grosse usine qui dégueule de la fumée et des produits toxiques.
Mélanie, Zaccharias et Denis sont des victimes de cette industrialisation nocive. Après des années de procès et des commerces fermés, ils reçoivent quelques dommages et intérêts qui ne font disparaître le préjudice. Le trio se rebelle, quitte sa petite ville et monte à Paris, pour trouver une preuve accablante au siège de l’ignoble entreprise.
Un cuistot, une femme de ménage et un vigile vont donc tenter une mission impossible pour sauver leur honneur et leur littoral. Comme d’habitude, Pierre Jolivet fabrique une belle complicité entre des personnages un peu paumés mais terriblement attachants.
Jolivet ne fait pas dans la nuance mais réussit à nous divertir avec des héros communs, aussi pathétiques que drôles. Roschdy Zem devient de plus en plus le héros du quotidien. Jean Paul Rouve évite les pièges pour jouer un homosexuel. Enfin Marie Gillain reste l’une des plus belles actrices de la production française.
Ajoutons à cela le fils Jolivet, réprésentant de la jeunesse utopiste et nous obtenons un quatuor qui défend un film doux, maladroit mais profondément joyeux. On aurait aimé un peu plus de réalisme mais Jolivet défend une idée flatteuse du français moyen. Il lui rend un hommage insouciant. On en profite. Mais on oubliera vite. Une petite petie comédie.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 07/11/2008