Coffret cartonné, format à l’italienne papier de qualité... Casterman n’a pas lésiné sur les moyens pour ce nouvel opus du cycle des Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters.
Un nouvel album du duo Peeters-Schuiten est désormais un événement éditorial à part entière. Depuis près de 20 ans, ces deux-là distillent leurs créations originales avec le soin maniaque qui a fait leur réputation : trait impeccable, travail minutieux sur l’architecture de leurs cités imaginaires, scénarios décalés mariant mystère et poésie.
La même recette est à l’oeuvre avec ce premier tome du diptyque consacré La théorie du grain de sable.
Si peu de choses relatives à la théorie nous sont dévoilées dans ces cent premières pages, on y découvre en détail les symptômes inquiétants qui se manifestent dans un quartier de Brüsel.
Telle mère de famille voit le sable envahir progressivement son appartement sans qu’il lui soit possible de l’endiguer. Tel professeur à la retraite voit apparaître chaque jour dans son bureau une nouvelle pierre dont le poids est strictement identique à celles qui l’ont précédées. Telle restaurateur voit son poids diminuer régulièrement (mais pas sa corpulence) au point d’être plus léger que l’air et obligé de se lester pour ne pas s’envoler... Tous ces phénomènes semblent liés à l’arrivée en ville d’un mystérieux envoyé Bugti.
Si aucune explication ne se dessine encore, une enquête est menée par Mary Von Rathen, l’enfant penchée d’un précédent album des deux compères. On attendra donc avec une certaine impatience le dénouement de cette histoire mystérieuse, prévue l’an prochain.
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 27/10/2007