Emmanuel Da Silva est un type trop malheureux. Il a le spleen en bandoulière et broie du noir sans beaucoup d’imagination. La tête à claques du jour !
Troisième disque de Da Silva, La tendresse des fous est un nouvel opus sur la tristesse du chanteur trentenaire, ancien punk devenu amateur de folk. Faites chanter du Pierre Perret à Da Silva et vous obtiendrez une démonstration de mélancolie plombante qui pourrait faire pleurer le patron de France Telecom.
Si vous êtes sous anti-dépresseurs, évitez l’écoute de Da Silva. Pour lui si on s’aime, on s’aime trop ou on s’aime bien. Une histoire d’amour n’est qu’une douleur inquiète.
Rien n’est facile chez Da Silva. Tout a un goût amer. L’être est toujours au bord du vide et l’existence est une morne plaine. De beaux jours à venir, son premier disque, laissait un espoir subsister. Le second, Décembre en été, soulignait le cafard aliénant du chanteur. La tendresse des fous célèbre la vie et surtout sa faillite.
Les arrangements de l’inestimable Joseph Racaille amènent un joli éclat à la tristesse. C’est joliment exécuté mais Da Silva nous enferme dans un univers trop sombre et peu exaltant.
Da Silva est l’archétype du musicien torturé que ne voit la vie que dans une seule couleur : noire. Il fait sombre ! Il fait froid ! Si vous riez, ca ne fera que rendre plus douloureux, le fait de pleurer.
Bref, chez Da Silva on hiberne dans une brume maussade et on n’est prié de ne pas être heureux. Il y a quelques jours, on se plaignait de la " positive attitude " de Renan Luce ; Da Silva est le parfait opposé. Pourtant les deux sont bretons : cette région est si riche qu’elle nous offre aussi des magnifiques têtes à claques !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 30/10/2009