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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 La solution finale

La solution finale

Michael CHABON

Traduit de l’anglais par Isabelle D. Philippe – Robert Laffont – Collection Pavillons – 160 pages

Et ta critique ?




Ce pourrait être une aimable série B, un jeu avec les références. C’est plutôt un livre troublant où ce qui n’est pas dit, finit par envahir la conscience du lecteur.


Michael Chabon est un auteur reconnu de 44 ans. Il publie depuis 1988. On lui doit Les mystères de Pittsburg ou Des garçons épatants qui a été adapté au cinéma par Curtis Hanson sous le titre de Wonder boys (avec Michael Douglas).

Les aventures de Kavalier et Clay l’ont hissé au rang d’auteur culte. Pendant plus de 700 pages, il raconte l’odyssée de deux jeunes juifs inventant des super-héros dont l’objectif est de détruire le IIIe Reich, pendant les années 1930. C’est un roman magnifique et presque l’ultime roman d’aventure.

En tant que scénariste, il a participé à la gestation de Spiderman II, qui fut un triomphe dans le monde entier. Michael Chabon se situe à la croisée des chemins entre deux mondes, d’un côté le roman populaire hérité d’Alexandre Dumas et Paul Féval, de l’autre côté la littérature qui se nourrit des grandes œuvres et des mythes.

Il est à la croisée des chemins et son existence est la preuve qu’une fusion des deux mondes est possible.

Un gros roman qu’il a publié en 2007 aux Etats-Unis est en cours de traduction. Voilà que sort aujourd’hui dans la célèbre collection Pavillons de Robert Laffont, La solution finale, une novella, un divertimento datant de 2004.

Pour le plus grand plaisr du lecteur, Chabon imagine un Sherlock Homes quasi nonagénaire rencontrant en 1944 un petit garçon juif rescapé de l’Holocauste. Ce petit garçon porte à l’épaule un perroquet qui attire la convoitise de beaucoup de monde.

Le perroquet disparu et un meurtre plus tard, la police locale demande au célèbre détective désormais reconverti dans l’élevage d’abeilles, de reprendre du service.

Chabon est un styliste doué et un narrateur hors pair. Il vous ballade autant qu’il fait progresser l’intrigue. Cela dit, le fin mot de l’intrigue ressemble à ce qu’Alfred Hichcock appelait un MacGuffin, c’est-à-dire un secret juste destiné à faire avancer l’histoire.

Ce qui rend le livre touchant et profond, outre la renaissance et la nouvelle exploration d’un mythe littéraire, c’est la façon dont ce court roman s’adosse à la Shoah. Il n’en parle jamais ou rarement, par allusion. Elle est donc présente et déploie son ombre sur le roman.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 03/11/2007