Après la disparition tragique de sa mère, Aksel se réfugie dans leur passion commune : la musique. Un beau roman d’initiation à l’exotisme norvégien.
Suite au décès de sa mère adorée, l’optimisme torturé de l’adolescence donne à Aksel la force de se consacrer exclusivement au piano, rejetant l’école et éludant les problèmes de son père et de sa sœur.
Il vit seul, reclus, obnubilé par son but : gagner le concours du Jeune Maëstro.
Aksel est un personnage complexe et attachant ; il est cérébral, à la fois manifestement prétentieux et profondément angoissé par l’avenir. Il reste également un adolescent comme les autres : il ne comprend pas toujours les motivations des adultes, il est taraudé par le désir charnel et troublé par la découverte de l’amour.
Lorsqu’on sait que l’auteur, Ketil Bjornstad, a lui-même été pianiste virtuose à l’adolescence, on ne doute plus qu’il y a du vécu dans la description de ce qui peut se passer dans la tête d’un pianiste pendant qu’il joue.
"Je me suis assis au piano, d’un calme olympien. Il me semble entendre le bruit de toutes ces flatuosités qui trouvent enfin le chemin des différentes ouvertures du public. Ca régurgite chez une femme du deuxième rang. Ca tousse chez un homme du quatrième. Des corps pourris, me dis-je, rassemblés dans cette salle sous prétexte que l’un d’entre nous va gagner un concours. L’odeur d’un vinaigre amer, d’un vin tourné. Fais-les entrer en transe, Aksel ! Ma chance, je l’ai ici, et maintenant."
Ketil Bjornstad est sans doute un bon pianiste. Il prouve qu’il est aussi un bon écrivain.
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 17/06/2008