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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 La sainte victoire

La sainte victoire

François FAVRAT

Avec Clovis Cornillac, Christian Clavier, Valérie Benguigui et Sami Bouajila - Mars distribution - 2 décembre 2009 - 1h45

Et ta critique ?




Un film ambitieux mais raté, La sainte victoire parodie le thriller politique. Un moment de cinéma bling bling !


Il y a une très beau personnage dans le film de François Favrat joué par Sami Bouajila. Un second couteau, ancien flic revenu de tout, un peu clodo, un peu trop honnête pour traîner dans le milieu politique.

Il tombe amoureux d’une lesbienne. Il prend les coups pour son ami, le héros. Il enquête contre son gré mais avec bon cœur ! Ce joli rôle de type abîmé sauve un peu le film.

Autrement, c’est du très lourd. Pour faire simple : c’est un polar à la sauce Plus belle la vie. Le film a une louable intention : décrire la corruption, de son engrenage à ses conséquences.

Un film français qui veut dire des choses sur le monde d’aujourd’hui, c’est bon de le signaler. Hélas, le réalisateur n’a pas beaucoup de moyens. Sa réalisation se limite à un jeu de cache-misères.

Il n’est pas bien aidé par le cadreur et l’éclairagiste : la lumière aveugle les acteurs et la caméra fait des zooms venus d’un western spaghetti. Pas très beau à regarder, le film est assez pachydermique dans sa narration.

La voix off du héros nous explique tous les actes pour bien faire comprendre la déchéance à venir. En gros, un bon petit gars des cités s’en sort avec une entreprise de btp mais loupe toujours les marchés publics. Pour en finir avec cette injustice, il soutient un obscur député qui deviendra la star des médias et petit à petit, l'entrepreneur et le politicien vont tomber du mauvais coté de la loi.

Clovis Cornillac hérite d’un rôle difficile et Christian Clavier étonne par sa sobriété. Les deux hommes ne parviennent pas à donner de l’ampleur à l’histoire et leurs personnages sont attachés à des clichés un peu faciles. Cornillac se la joue bling bling et Clavier fait le parrain en costume dormeuil.

Comme dans la célèbre série de France 3, l’accent chantant n’existe plus dans le sud de la France et les situations sont d’une mécanique si évidente que cela en devient presque drôle. Reste le personnage de Bouajila qui mériterait un film à lui tout seul. Il faut vite oublier cette tentative et se remettre au boulot. Le film politique à la française reste à faire. C’est un peu facile : La sainte victoire, un bel échec !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 03/12/2009