RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Jeudi 24 Mai 2012Livre

 La route

La route

Cormac MCCARTHY

L’Olivier - 256 pages - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Hirsch

Et ta critique ?




Roman initiatique de fin du monde, road-movie ultime, La route fait ressurgir avec une force insoupçonnée nos terreurs enfantines et nos angoisses adultes.


L'apocalypse a eu lieu. La planète est dévastée et couverte de cendres. Le ciel bas et sombre ne laisse plus passer le soleil depuis longtemps. Il fait définitivement froid sur cette terre devenue stérile. Quelques rares hommes et femmes tentent de survivre sur les décombres d'un monde qui n'est plus. Livrés à eux-mêmes, l'homme et le petit, que l'auteur ne nommera jamais autrement, ont décidé d'aller chercher un hypothétique salut plus au sud.

Dans un style dépouillé à l'extrême, Cormac McCarthy s'attache aux pas de ces deux fragiles naufragés. Avec lui nous suivons leur lente progression sur des routes désertes, dans des paysages noirs, carbonisés et glacés. Grelottants et affamés. Se méfiant de toute rencontre qui pourrait s'avérer fatale. Fouillant des décombres déjà maintes fois visités dans l'espoir d'y découvrir un ustensile utile, une conserve comestible, de l'eau potable…

Sans plus d'espoir que ce père et son fils, le lecteur s'accroche pourtant au fil ténu de la narration vitale d'un écrivain totalement maître de son écriture, de son économie de mots et d'effets. Lentement, paragraphe après paragraphe, page après page, la peur du lendemain, la peur de manquer, la peur de la mort soudaine ou de l'agonie interminable s'insinuent dans notre esprit comme une peur ancestrale universellement partagée. Elle nous prend dans ses filets pour ne plus nous lâcher, resserrant ses mailles, dans une quête désespérée, mais qu'il serait pourtant impensable d'abandonner.

Après presque une décennie de silence (Des villes dans la plaine, 1998), Cormac McCarthy signe son retour aux affaires avec deux romans majeurs publiés coup sur coup ces deux dernières années. Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme l'année dernière (brillamment adapté au cinéma par les frères Coen) et La route qui lui a valu le prix Pulitzer 2007. A 75 ans, il confirme ainsi la place centrale qu'il occupe dans la littérature américaine, aux côté de Philip Roth, Thomas Pynchon (dont il partage le goût du secret) et Russell Banks.


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 04/04/2008