Et si la
reine d'Angleterre était une dévoreuse de romans. Une drôle d'idée d'Alan Bennett pour
célébrer les vertus de la lecture...
Au fond de son jardin
royal, Elizabeth II d'Angleterre découvre un bibliobus. Par politesse,
elle emprunte un livre et apprécie l'exercice de la lecture. Elle en
prend un second. Puis un troisième. Puis elle découvre que le livre a
des vertus incroyables...
Enfermée dans un protocole réglé et
sévère, la reine apprécie la liberté et le recul qu'offrent la lecture.
Très vite son entourage s'inquiète. Elle est secondée par un jeune
homosexuel dans ses lectures. Très vite, elle ose des auteurs de plus en
plus subversifs.
Dans les réceptions, elle taquine les grands de
ce monde, souvent incultes en matière de romanciers. Après un long
règne ennuyeux, elle s'amuse enfin. Professeur à Oxford, Alan Bennett rend
hommage à sa passion avec un humour très très anglais.
Il
égratigne avec une bienveillance charmante le trône britannique et
fustige le désintérêt politique pour la culture. Fable courte et
élégante, La reine des lectrices est un petit plaisir avec des
réflexions aigres mais joliment écrites.
La
satire est d'autant plus drôle que "notre Président rien qu'à nous" s'est
mis à la culture, entre autres, après sa rencontre avec sa nouvelle
épouse. On découvre que ce n'est pas facile de bouquiner en paix
lorsqu'on est à la tête d'une nation. La lecture est un vice pour les
grands de ce monde. Un bonheur de quelques pages pour ceux qui tomberont
sur ce petit roman !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 22/06/2010