Avec Lucien Jean Baptiste, Anne Consigny, Firmine Richard et Michel Jonasz - Mars distribution - 25 mars 2009 - 1h30
Et ta critique ?
De la tendresse et de la maladresse, voilà ce qui fait le charme du premier film de Lucien Jean Baptiste. Le cœur excuse parfois les erreurs.
Lucien Jean Baptiste est acteur. Si on ne le reconnaît pas, sa voix est parfaitement identifiable. Doubleur, il a toujours regretté de ne pas avoir plus de rôles à l’écran. Il s’est écrit son propre film.
Il joue Jean Gabriel, un père de famille qui vit de petits boulots. Sa femme en a assez de sa nonchalance et de ses excuses systématiques. Lors d’un dîner en famille, il fait une promesse à ses enfants : les emmener une semaine au ski…
Quand on est antillais, que l’on vit à Créteil et que l’on est fauché à cause du PMU du coin, un tel projet dévient un effort herculéen. Que relèvera Jean Gabriel aidé par sa maman, catholique acharnée et (grand) mère courage.
Le scénario n’offre pas de grandes surprises. La réalisation est assez molle. La première partie ne manque pas de piquant : l’acteur réalisateur dépeint la situation triste des Antillais dans la région parisienne. La misère n’est jamais montré de manière pathétique. Il y a toujours un optimisme incorrigible qui apparaît dans les images de Lucien Jean Baptiste.
La partie enneigée est beaucoup plus convenue. Firmine Richard affronte Bernadette Laffont avec un aplomb incroyable. La famille va découvrir les inconvénients d’une semaine au ski. C’est amusant mais pas très fin non plus.
Heureusement toutes les maladresses sont gommés par le cœur énorme du réalisateur. Ce dernier s’est visiblement démené pour tenir son projet. Il réussit un joli tour de force. Le film souffre d’un aspect téléfilm mais souligne la volonté d’un artiste et une vraie ambition comique.
Les moyens ont certes manqué (la fin est bâclée) mais le plaisir est là. Malgré le décor hivernal, cette comédie française sans star envahissante, réchauffe.