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Jeudi 24 Mai 2012Livre

La petite fille de ses rêves

La petite fille de ses rêves

Donna LEON

éd. Calmann-Lévy, 264 pages,

Et ta critique ?




Les dernières aventures du commissaire Brunetti, le policier vénitien amoureux de bonne cuisine et de sa ville, viennent de sortir. Toujours aussi calme, peut-être un peu lent, voire convenus, cette fois.

 

 

 

 


Les aventures du commissaire Brunetti sont désormais bien connues en Europe. La meilleure preuve de leur succès ? Une boîte de production allemande les a adaptées pour la télévision. Elles passent d’ailleurs en ce moment sur France 3. Guido Brunetti est un quadragénaire tranquille, fin observateur de la faiblesse humaine, enquêteurpatient et obstiné, entouré de personnages plus ou moins sympathiques : son supérieur incompétent et lâche, Patta, son fidèle inspecteur Vianello, et Alvise, dont la stupidité semble sans bornes.

 

 

Le commissaire est aussi très attaché à sa famille, sa femme Paola, prof d’université passionnéepar Henry James, et ses deux enfants. Bien sûr, même si ses personnagessont très attachants, on n’évite pas toujours les clichés irritants. Guido comme son fils sont d’un machisme incroyable : ils mangent, dorment, lisent, émettent des avis sur tout, mais jamais n’aident à la cuisine, à la vaisselle, aux courses. Et c’est important de le souligner, car, fait assez rare dans les romans policiers, la vie familiale de Brunetti tient une grandeplace dans les ouvrages de Donna Leon.

 

Cette fois, il enterre sa mère, touchée depuis longtemps par la maladie d’Alzheimer. Lors de ses obsèques, il se retrouve en présence d’une ancienne connaissance devenue prêtre, qui va le mettre sur la piste d’une drôle de secte.

 

Parallèlement à cette enquête se greffe une autre, cœur du livre : une fillette originaire d’un camp de Roms de la banlieue vénitienne est retrouvéemorte noyée dans un canal. Qui a tué cette enfant qui possédait certains bijoux ? Et pourquoi ?

 

L’histoire devient alors prétexte à des réflexionssur laplace de l’immigration dans nos pays aujourd’hui, les rapports entre les Roms et le reste de la population, le tout sur un air de « c’était mieux avant ». Pourquoi pas. Mais cette nostalgie tend à se répéter dans les derniers ouvrages de Donna Leon, comme une plainte qui gâche un peu le plaisir.

 

Surtout, l’enquête s’enlise un peu, on a parfois l’impression que l’auteur tire à la ligne pour argumenter, dénouer le fil d’unehistoiretriste, qu’on pourrait résumer en cette fameuse phrase : « selon que vous serez puissant ou misérable ».

 

Ce qui n’empêche nullement d’attendre avec curiosité le prochain opus de l’enquêteur italien.


Marie Léon

© Etat-critique.com - 12/08/2011