La joueuse d’échecs est un hérisson vraiment élégant : sobre, touchant et humble !
Eleni, la quarantaine un peu négligée, est femme de chambre à l’hôtel Dionysos sur une île grecque : "Vingt chambres, quarante lits, quatre-vingts serviettes blanches, les cendriers à vider en nombre variable. Les matinées d’Eleni s’écoulaient dans l’exercice de ses fonctions."
Alors qu’elle fait son travail machinalement, elle dérange dans un geste maladroit la partie d’échec qu’un couple de français a laissée en cours dans leur chambre. Un pion qui chute, un déclic venant bousculer une routine bien rodée et bouleverser une existence.
Car toucher le pion pour le remettre à sa place (mais laquelle parmi les 64 cases du jeu ?) donnera à Eleni l’envie de comprendre ce jeu mystérieux que maîtrise cette femme élégante (Parisienne, elle en est sûre) dont la vie la fait rêver.
La joueuse d’échec est un court roman réussi. L’écriture est sobre, faussement simple mais vraiment attachante, à l’image de l’héroïne du livre, une femme apparemment sans histoire qui recèle en réalité des trésors de courage et de persévérance.
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 11/04/2008