Un jour Pixar sera responsable d’un mauvais film. Ce n’est pas pour tout de suite : Là haut est un petite merveille pour petits et grands qui vous cueille une nouvelle fois!
Le studio Pixar a pris beaucoup d’assurance. Au delà des défis techniques relevés, le studio d’animation de John Lasseter repousse les limites de la fiction pour enfants.
Lasseter et sa bande de joyeux geeks profite de chacune de leurs œuvres pour aborder des thèmes difficiles avec beaucoup de sensibilité. A ce niveau, Là haut fait très fort.
Les dix premières minutes du film sont d’un radicalité étonnante et presque violente. On y voit la vie et la mort d’un couple heureux. Le design est tout rassurant mais les deux réalisateurs, Pete Docter et Bob Peterson, mettent à sac le moral de leurs spectateurs.
Les rêves de l’enfance, les désillusions de l’âge adulte et la perte de l’être aimé, voilà un résumé de l’existence un peu dur mais qui pourtant fait toute la richesse du début du film.
Pour se faire pardonner la suite sera beaucoup plus convenu. Veuf, Carl Fredricksen doit être emmener en maison de retraite. Avec sa femme, il voulait voyager jusqu’aux chutes du Paradis dans un endroit reculé d’Amérique du Sud.
Il attache sa maison à des ballons (il en a vendu toute sa vie) et s’envole à la barbe de tous. Malgré lui, il entraîne avec lui Russell, un petit scout délaissé par ses parents.
Il y a bien entendu un discours convenu mais assumé sur la solitude contemporaine. Mais les auteurs se soucient surtout de raconter une épopée loufoque et délirante. La mission est remplie largement. La technique offre un spectacle exotique et l’humour du studio continue dans un burlesque simple mais intelligent.
La magie opère une fois de plus : fabriqués par des ordinateurs, les personnages savent atteindre leur cible : notre cœur. Avec un vieux grincheux et un scout obèse, Pixar se compliquait la tache mais la formule fonctionne toujours et même, de mieux en mieux. Là-haut porte bien son titre : Pixar est au sommet et même au-delà à chaque nouveau film !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 12/08/2009