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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 La guerre selon Charlie

La guerre selon Charlie

Mike NICHOLS

Avec Tom Hanks, Julia Roberts, Philip Seymour Hoffmann et Amy Adams - Paramount - 16 janvier 2007 - 1h45

Et ta critique ?




Voulez-vous connaître l’histoire de l’homme qui a mis fin à la guerre froide ? Certes, elle ne fait partie d’aucun programme scolaire (et pour cause) mais elle mérite d’être racontée. Alors, si le tout est servi par un casting de haut vol…


On ne peut pas dire que Tom Hanks soit un comédien qui mette en péril sa carrière en choisissant des rôles difficiles. Si l’on excepte Philadelphia (qui reste une performance d’acteur incroyable), on ne peut pas dire que ses aventures sur une île déserte ou dans un musée français relèvent d’un choix artistique intègre.

Aussi, quand il s’attaque au rôle de celui qui a permis indirectement aux talibans d’accéder au pouvoir en Afghanistan, on se dit que le résultat ne peut être que surprenant à défaut d’être bon.

Or, ce film réussit à être aussi original que maîtrisé, ce qui n’était pas gagné de la part du responsable de l’adaptation de la Cage aux Folles outre-Atlantique. Cela dit et malgré cet écart de langage cinématographique, Mike Nichols a quand même tourné Primary Colors, satire politique acerbe et réaliste qui ne manque pas d’humour.

C’est justement dans cette veine que s’inscrit cette guerre lancée par un membre du Congrès américain contre l’ennemi communiste. Celui-ci a beau tremper plus dans la drogue et le sexe que dans la politique, son intelligence lui permettra d’accomplir des exploits, même si ces derniers se retourneront contre son pays. En politicien manipulateur, dragueur et rusé, Tom Hanks s’amuse énormément en restant crédible et il s’agit là d’une raison suffisante pour aller voir ce film.

Mais ce n’est pas la seule : il est accompagné d’une Julia Roberts, sublime en femme fatale dont les élans caritatifs cachent de sombres desseins et d’un Philip Seymour Hoffman excellent en espion brut de décoffrage. Au travers de ces trois personnages, nous découvrirons que le sentiment nationaliste n’est pas forcément incompatible avec une vision humaniste. Tout du moins pendant quelques minutes.

Pour ce qui est du scénario, mieux vaut être préparé. Dans ce film éminemment politique, la connaissance des relations américano-soviético-pakistano-afghanes  est un pré requis indispensable pour ne pas se perdre dans des méandres géopolitiques qui couvrent des années d’Histoire. En résumé : un Américain décide que les États unis doivent financer les moudjahiddins dans leur lutte contre l’envahisseur communiste pour que le Pakistan puisse se débarrasser des réfugiés afghans qui ont fui leur pays.

Bien sûr pour être exhaustif il faudrait parler des Israéliens, des Égyptiens, de la CIA, des scènes de guerre parfois très dures, et d’une centaine de petites choses qui rendent le tout si passionnant à suivre et invraisemblable que l’on a du mal à croire qu’il puisse être tiré d’une histoire vraie

Comment ne pas encenser un long-métrage qui évite l’écueil de la morale facile et du patriotisme dégoulinant en donnant aux amateurs d’humour noir une raison de se délecter tout en se confrontant à des problématiques contemporaines que seuls quelques doctorants et les fidèles téléspectateurs du Dessous des Cartes peuvent comprendre ?


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 17/01/2008