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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 La famille indienne

La famille indienne

Karan JOHAR

Shah Rukh Khan, Rhitik Roshan, Kajol et Amitabh Bachchan - Bodega - 2002 - 3h30

Et ta critique ?




Nanars, chefs d'oeuvre, séries B, curiosités... Etat Critique vous offre une rétro de la décennie écoulée tout en dvd! On célèbre aujourd'hui le bon goût made in Bollywood.


Rohan a de beaux yeux. Il a un corps d’athlète, une tête bien pleine et dirige l’équipe de cricket de son université. Tout semble lui sourire. Pourtant ce jeune Indien va faire une terrible découverte en rendant visite à ses deux vieilles tantes : son frère Rahul, qu’il admire tant, est en fait, un enfant adopté. Pire encore : Rahul s’est fâché avec leur père. Il a claqué la porte de l’empire industriel familial pour suivre la femme qu’il aime. Sensible aux traditions, son père ne pardonne pas ce choix. La famille de Rohan est brisée et ça, il ne peut pas le supporter. Il met au point une stratégie pour réunir les membres de son clan…

Trois heures et demi plus tard, tout le monde aura beaucoup pleuré mais la famille sera de nouveau réunie et heureuse. Cette saga n’évite pas les clichés. Elle les multiplie. Elle se vautre dedans avec délice. Autant vous prévenir tout de suite : on a systématiquement un temps d’avance sur les événements. La famille indienne s’apparenterait à du mauvais mélo.

C’est justement la grandiloquence qui fait toute la réussite du film. Plus c’est énorme, plus c’est passionnant. Le cinéma indien peut être déconcertant par son goût pour l’emphase. Il est ici charmant. Les numéros musicaux sont d’une richesse fascinante et les chansons sont entêtantes. Même un spectateur bien de chez nous ne peut pas résister à la beauté et au savoir faire hindou.

Blockbuster à la sauce tandoory, La famille indienne s’arme de tous les atouts de ce cinéma si particulier. Les décors sont babyloniens. La caméra tournoie dans tous les sens. Les acteurs en font des tonnes. Dès que le père parle, le tonnerre gronde. Les femmes ont un sex-appeal déboussolant (avec option "vent dans les cheveux" en permanence). Les deux frangins sont filmés la moitié du film au ralenti. Les artifices sont surexploités et grossiers. Pourtant ça marche.

Le film soutient un rythme échevelé. C’est une tempête musicale et visuelle qui amuse puis séduit. C’est tellement outrancier (attention les costumes) qu’il est facile de se faire avoir. Le mélo fonctionne à plein régime. Rencontrer cette famille, c’est découvrir un cinéma différent mais enchanteur !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 01/10/2009