Après des années de vie commune, François (Bernard Campan) et Isa (Karin Viard) se sont enfoncés dans une routine qui semble peser sur lui. Mais il se pourrait que la personne qui souffre ne soit pas la plus démonstrative.
Il a coulé de l'eau sous les ponts depuis les débuts de Bernard Campan. Amuseur public d'abord avec les Inconnus, puis acteur comique avec les mêmes, acteur tout court depuis quelques années, il signe aujourd'hui son premier film avec La face cachée.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'époque de la franche rigolade est définitivement révolue. C'est au contraire du côté de la gravite des thèmes et de l'interprétation qu'il faut aller chercher le "nouveau" Bernard Campan.
Le drame intimiste qui lie le couple du film est proposé au spectateur avec une délicatesse et une intelligence du cour rares. En quatre "tableaux", comme autant de tranches de vie significatives, il dévoile progressivement les fêlures de ses personnages.
D'abord flou, le contour de leurs personnalités s'affine peu à peu jusqu'à la révélation finale qui vient éclairer sous un jour différent le comportement indécis, imprécis, incohérent quelquefois de l'un ou de l'autre.
Cette alchimie délicate est parfaitement maîtrisée par notre néoréalisateur qui, à l'inverse de nombre de ses confrères, n'a pas choisi la facilité. Une raison supplémentaire de découvrir La face cachée de Bernard Campan.
Joel Fomperie
© Etat-critique.com - 05/10/2007