Le déclin de l’empire romain provoque aussi le déclin du film épique. Après King Arthur, voilà un nouvel exemple de brassage indigeste de mythologies et de références culturelles. Si vous êtes de bonne humeur, La dernière légion peut être une bonne parodie !
Rien ne va plus à Rome. Les Gaulois ont pris le pouvoir. On pensait que Christophe Lambert les avait ridiculisés avec Vercingetorix et qu’on le verrait plus, morts de honte. En fait ils se sont refaits une santé et envahissent l’empire.
Le petit Romulus, qui devait devenir le nouveau César, est bien embêté. Heureusement il est secouru par un général fidèle, une combattante indienne et un mage mystérieux qui recherche l’épée de Jules César. Elle posséderait une aura qui permettrait à Romulus de reprendre le pouvoir.
Cette petite bande va donc parcourir tout l’empire pour trouver le sabre et la dernière légion du titre pour mettre en déroute quelques méchants barbus, mal coiffés et qui doivent sentir le mauvais chouchen. En se promenant, ils passent de l’histoire romaine aux légendes celtes. Le réalisateur (qui a débuté sur la série kitsch Xena la guerrière) fait un grand écart, qui hélas se révèle peu harmonieux.
Ca commence comme un Gladiator pour les kids puis ça vire vers un Seigneur des anneaux du pauvre. Le couple Colin Firth Aishwarya Rai voile un peu la supercherie mais finalement La dernière légion est un péplum pour adolescents. Tout est chaste. Tout sent le déjà vu. Tout est propre (pas une goutte de sang). Tout prête à la rigolade.
Difficile de ne pas rire devant Ben Kingsley, condamné à imiter Gandalf dans le Seigneur des anneaux. Les films de Peter Jackson empêchent d’adhérer à ce film ambitieux mais peu crédible. Les décors sont mal fagotés. Les Gaulois une fois de plus sont risibles. La musique est assourdissante. Il y a toujours un détail pour empêcher l’adhésion à cet univers pseudo historique.
L’ennui ne pointe pas son nez tellement les références se bousculent avec une maladresse étonnante. Le plus drôle reste le méchant qui attend sur l’île de Britannia : il rappelle les tristes heures de l’heroïc fantasy comme Kalidor ou Kull le conquérant. Une faute de goût qui définitivement plonge le film dans les abîmes de la série B. Avec son convaincant casting, on le regrette amèrement ou on en rit jusqu’aux larmes. De toute façon, on pleure !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 19/09/2007