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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 La cité interdite

La cité interdite

Zhang YIMOU

Avec Gong Li, Chow Yun Fat, Jay Chou et Ye Liu - SND - 14 mars 2007 - 1h54

Et ta critique ?




Il y a quelque chose de pourri dans l’Empire de Chine. Entre grands complots et petites trahisons, le réalisateur du Secret des Poignards Volants et de Hero offre un spectacle visuel qui pousse la recherche esthétique et symbolique à son paroxysme. Le résultat parait vain et prétentieux.

Sans rentrer dans des détails fastidieux, le scénario mélange un souverain qui revient de ses conquêtes, une épouse fanatique de révolution et de broderie, un fils porté sur l’inceste ainsi que d’autres personnages de cour. Après avoir exploré la psychologie de tout ce petit monde, occasion de découvrir que les têtes couronnées sont tourmentées, on peut enfin passer aux combats réglés au millimètre dont la plupart des réalisateurs chinois raffolent depuis Tigre et Dragon.

 

Disons le tout de suite si vous avez vu la bande-annonce, le film n’est pas du tout centré sur les combats qui ne sont pas extrêmement nombreux. C’est la grande qualité du film tant ces affrontements finissent par ressembler les uns aux autres à force d’utiliser toujours les même ficelles. A titre d’unique originalité, le sang, généralement absent de ce type de films, coule ici à flots mais jamais gratuitement. En effet il sert le plus souvent à se marier à d’autres couleurs élémentaires du décor et obtenir de jolis effets graphiques.

 

Le fan de films d’action pleurera la grande époque du cinéma de Hong-Kong dans la mesure où les effets spéciaux numériques sont utilisés à outrance et pire, en dépit du bon sens. Si le rendu peut paraître agréable à l’œil, l’explosion de couleurs finit par donner la nausée et on viendrait presque à regretter la belle époque du noir et blanc.

 

Le féru de films historiques regrettera quant à lui le cinéma muet tant les acteurs s’oublient dans de longs monologues qui feraient passer un drame de Shakespeare pour un épisode des Teletubbies. Il faut croire que la tragédie grecque a traversé les frontières mais a oublié sa dignité en chemin.

 

L’Histoire chinoise, pourtant très riche et souvent bien retranscrite par le cinéma asiatique, n’en ressort pas grandie et on a parfois l’impression que c’est la consternation qui permet au spectateur de ne pas sombrer dans l’ennui le plus total.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 14/03/2007