Avec Benoit Magimel, Catherine Jacob, Helene Vincent et André Wilms - Mk2 - 1988
Les commentaires
roland
Le 12/01/2011
Ce film est effectivement un monument dont on ne se lasse pas. Chatillez n'a malheureusement plus fait mieux (pour ne pas dire qu'il a fait de pire en pire). Pas mal de tendresse également dans son regard.
Autre phrase culte : "La saalope. Laaa saaloope..."
Et ta critique ?
Que dire encore sur cette pépite du cinéma français? Etienne Chatiliez a t il sauvé la comédie française avec cette vision burlesque de notre société ?
Le tout premier film de Etienne Chatiliez fut la surprise de l'année 1988. Des millions de spectateurs sont partis à la rencontre des Groseille et des LeQuesnoy. Tous ont apprécié les dialogues mémorables et la mise en scène précise et cruelle de cet ancien de la publicité!
On peut le dire: Chatiliez a donné un sacré coup de pied à la production française avec sa comédie sociale. Il faut s'imaginer qu'à la fin des années 80, l'équipe du Splendid commencait à manquer d'idées et tous les producteurs voudraient réaliser une nouvelle Boum (Le croquignolesque L'étudiante avec Sophie Marceau sort à cette époque).
Le futur réalisateur de Tanguy appuie là où ca fait mal, un peu comme les cinéastes italiens des années 60-70. Il nous met en face de nos maux, nos misères, nos faiblesses et notre ridicule. Il force un peu le trait.
La caricature est pourtant délicieuse. Car la réalisation ménage la critique. Chatiliez, habitué à la pub, propose une idée par plan. Son art est de ciseler avec précision son propos (ce que l'on pourra reprocher dans ses derniers films, beaucoup trop laches). Son film n'est pas une succession de sketchs parodiques mais raconte une vraie prise de conscience de deux couches sociales qui ne peuvent plus s'ignorer.
Chatiliez répare la fracture sociale avec un humour noir sans précédent dans notre production nationale plutôt frileuse. Encore aujourd'hui, ca fait mouche. Les LeQuesnoy pourraient encore habiter dans les banlieues bourgeoises de Paris. Les Groseille ont peut être changé physiquement aujourd'hui mais ils rassemblent toutes les "qualités" des Bidochon pour un vrai festival de franchouillardises!
Leur bêtise (dans les deux clans), on la connaît. Elles résistent au temps autant que ce film, pas trop marqué par les années 80 si clinquantes. Monument populaire, ce film est vraiment un rassurant constat de notre pays. Le bonheur est dans ce film.
Phrase culte: "C'est lundi c'est ravioli" mais il y a beaucoup d'autres