Avec Leïla Bekhti, Hafsia Herzi, Biyouna et Sabrina Ouazani - Europacorp - 2 novembre 2011 - 2h
Les commentaires
seb
Le 12/12/2011
Pas du tout d'accord. J'ai trouvé ce film en V.O. délicieux d'humour. Il vaut le détour rien que pour le personnage "Vieux fusil". Il y a bien sûr des légèretés et des facilités, mais son classicisme est en lien direct avec des pièces antiques telles que Lysistrata d'Aristophane. Ce serait vraiment dommage de passer à côté.C'est une jolie fable contemporaine à voir. Une farce à connaître. Ne surtout pas s'arrêter à cette chronique ! Mais à voir en VO ça c'est certain!
Et ta critique ?
Il y a les films qui laissent un souvenir impérissable et ceux qui laissent un regret intarissable. Vas, vis et deviens était du rang des premiers, la source des femmes du rang des seconds…
Radu Mihaileanu aime partir de faits réels comme des milliers de Juifs éthiopiens sauvés de la famille et conduits en Israël ou d’une grève de corvée d’eau survenue il y a quelques années en Turquie pour en tirer des fables humanistes.
C’est transporté dans un petit village que l’on admire ainsi des femmes allant chercher l'eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb. On va les suivre dans leur combat, elles vont pointer les risques encourus à exécuter cette tache ardue et l’injustice d’être les seules à s’y coller.
Leila, jeune mariée interprétée par Leïla Bekhti se rebelle contre la corvée d’eau et propose aux femmes de faire la grève de l'amour : plus de câlins, plus de sexe tant que les hommes n’apportent pas l’eau au village. Partant de là on reprochera le manichéisme du scénario : les femmes d’un côté courageuses et déterminées pour certaines, les hommes plus ou moins conciliants ou violents face à l’abstinence subie.
On déplorera la qualité inégale de jeu des actrices, plus ou moins crédibles dans leur rôle. Je citerai la si poignante et convaincante à l’accoutumé Hiam Abbas, qui dans le rôle de la belle mère sans cœur peine à se faire détester. Pour l’avoir tant aimé dans Les citronniers, The Visitor ou encore la Fiancée syrienne, on ne peut se résigner à l’imaginer si odieuse dans la Source des femmes, menant la vie dure à la jeune mariée. Et puis contrairement à ses précédents films, Radu Mihaileanu cherche ici trop le débat, la réflexion notamment autour de l’Islam et manque de suggérer pour trop affirmer. Il en fait également un film trop soigné esthétiquement desservantt son propos pour en faire une sorte de catalogue voyage solidaire.
Toutes ces considérations ne seraient qu’incomplètes si j’omettais de désigner la principale source de mécontentement à la vue du film… la VF !!!! A croire qu’il n’y a en France aucun immigré maghrébin qui auraient pu doubler les villageois, villageoises de ce petit village où fut tourné le film.
Ils voient chacun de leurs propos dénaturés par des voix de Français branchés !!! A s’arracher les cheveux ! Le voir en version originale, arabe dialectal aurait pu atténuer ma critique mais il serait resté le côté conte décoratif et argumentatif agaçant.
En définitive, on se souviendra le raté de la montée des marches du film présenté en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2011 avec bon nombre des actrices amatrices arabes du vrai village où pour de vrai on vit sommairement. Pensant gagner un prix l’équipe était réunie, mais le jury ne pouvait à juste titre primer un tel film. On attendra son prochain rempli d’espoir et de réserves.