Avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Charlize Theron et Robert Duvall - Metropolitan filmexport - 2 decembre 2009 - 2h
Les commentaires
seb
Le 09/05/2010
Je viens de le voir ... Comme dirait l'autre ça refroidit !! Impossible de le faire voir à ma compagne... Angoissant. Un bon film avec des scènes difficiles. Ambiance lourde de sens.
Et ta critique ?
La fin du Monde était bien drôle avec Zombieland. Avec La route, le chaos est bien austère et fait réfléchir sur la condition humaine. Très sombre mais illuminé par un grand acteur.
L’image est grise. Un incendie donnera une tonalité ocre dans une seule scène. Les corps se plient sous la douleur, la faim et la fatigue. Ils sont recouverts de vêtements abîmés, malmenés par les cendres qui tombent du ciel ou une pluie hivernale et insupportable.
Lorsque l’on devine les visages, ils sont tirés et cadavériques. L’homme et son fils marchent vers la mer. Ils fuient les hommes, réduits au cannibalisme. Ils se cachent dans les forêts décharnés. Leur semblant de famille les empêche de sombrer totalement. L’homme se demande jusqu’où il irait pour sauver son petit ?
L’homme c’est Viggo Mortensen. Acteur de seconde zone, Peter Jackson lui offre la chance de sa vie avec Le seigneur des anneaux et depuis, le comédien a révélé une personnalité forte et attachante. Il a osé des rôles difficiles chez Cronenberg et il remet ça avec La route. Squelettique, il dégage à la fois une fragilité et une détermination avec une économie de gestes et de mots.
Il crève l’écran mais sert d’abord un scénario tiré du roman court et sombre de Cormac McCarthy. Bien entendu, la comparaison avec le prix Pulitzer est dure pour le film. Cependant le réalisateur australien, John Hillcoat, refuse le spectaculaire comme son duo s’échappe à tout contact.
Il décrit avec simplicité une Apocalypse froide et sans vie. Il ne reste que le bruit des arbres qui tombent. Il tente de nous réchauffer avec les souvenirs d’un bonheur conjugal un peu tarte, même si on apprécie la présence toujours lumineuse de Charlize Theron. Mais avait on besoin de cette respiration dans un récit à la sécheresse fascinante. Le réalisateur aurait il eu peur que sa vision en noir et gris de l’avenir soit ennuyeux ? Ca sent l’obligation hollywoodienne.
D’ailleurs le film inquiète dans sa première partie. Malgré les efforts du comédien, l’incarnation et la compassion ont du mal à se réaliser. L’ensemble serait il trop austère ?
Heureusement le film se concentre sur ce père et ses responsabilités. Il interroge sur l’état de nature et la nature de l’homme. Que peut on léguer à son fils ? Que doit on léguer à un enfant trop innocent dans un monde dangereux, sans espoir, sans vie et sans avenir ?
La fin du film devient poignante. Les inquiétudes se dissipent et l’émotion perce. La route est un film d’anticipation très ambitieux par son ascétisme et possède la grande qualité de ne pas faire comme les autres. En prenant les chemins de traverse, le cinéma hollywoodien prouve qu’il est encore capable d’étonner et tenter. Une expérience singulière !