Un artiste parisien s'observe le nombril avec une nonchalance qui plaira beaucoup à Frédéric Beigbeder ou Bertrand Burgalat. C'est classieux et un peu prétentieux. Ca, c'est Paris !
Ca pourrait être une comédie musicale. Cela sonne comme tel ! Michel Legrand pour la grandiloquence et une voix qui psalmodie plutôt qu'elle ne chante. Sébastien Tellier pour un certain exotisme et un vrai amour pour les sons vintage.
Arnaud Fleurent-Didier a de solides influences et elles sont nobles. La production est soignée. Le bonhomme peut se vanter de petites compositions éloquentes mais réalisées avec finesse qui devrait faire saliver de plaisir tous les bobos de la région parisienne.
Car l'ancien chanteur de Notre Dame apprécie la capitale et toutes les pensées existentielles que cela peut lui évoquer. C'est assez vain mais fait avec humour.
Arnaud Fleurent Didier pleure la misérable existence d'un citadin prisonnier de ses habitudes sur internet et de sa solitude implacable. En bon trentenaire parisien, il accumule les petits détails d'une existence superficielle. Il fait rire car le constat est vif et tout en ironie.
On pense à un Vincent Delerm qui se mettrait à faire de la musique. Chic et charmeuse, l'orchestration ajoute à cette douce dérision. Très cinématographique, son disque raconte donc les déboires d'un parisien cynique amoureux du quartier de Clichy.
A trop jouer sur la malice, on se demande si l'auteur ne se moque pas un peu trop de son art. L'amertume devient envahissante. Entre Philippe Katherine ou Beigbeder, on est déjà habitué à ce petit dandysme goguenard.
Cependant il faut reconnaître un très joli savoir faire. Arnaud Fleurent Didier semble beaucoup s'amuser. C'est un humour aux ritournelles vraiment plaisantes mais qui ne pourrait plaire qu'aux habitants de la capitale et de la petite couronne.