Avec Jean Reno, Gad Elmaleh, Mélanie Laurent et Raphaelle Agogue - gaumont - 10 mars 2010 - 1h55
Et ta critique ?
On touche à la famille et aux petits enfants aux beaux gros yeux bleus. C'est ce que l’on appelle tirer sur la corde sensible ?
Défini comme l’un des chapitres les plus noirs de l’histoire française durant l’occupation, la Rafle dépeint le drame des familles juives prises dans rafle du Val’d’hiv ordonnée par l’Etat français.
Pour commencer, le gros défaut de ce film! L'acceptable est largement franchi: c'est un film larmoyant. La condition juive à l’époque étant ce qu’elle était, il est difficile de s’éloigner du registre mélodramatique. Mais tout de même!
En contrepoids, Roselyne Bosch est pertinente dans la restitution des façons de penser et de réagir des français non juifs. Cette palette va du prêtre gentil qui accueille et sauve les enfants juifs, aux collabos en passant par ceux qui ont aidé les juifs, les Justes.
Du coup, la pilule passe. La réalisation de Roselyne Bosch vient mettre un sens à chaque détail de l’image et du scénario. La mise en scène se décompose sur deux points de vue différents.
L’un s'intéresse aux états majors français et allemand, filmés en plan fixe et remplis de détails scénographiques tous interprétables. Cela densifie le drame.
L’autre vision s'axe sur la «dure réalité» des raflés. Les cadres sont de 20 centimètres au dessus du sol dès le début pour arriver à hauteur d’enfant. Bosch veut nous faire comprendre le drame à travers leurs yeux.
Le procédé est douteux et cela accentue un "happy end" un peu trop facile, qui vient alourdir un discours qui ne méritait pas un tel traitement. Cependant face à l'horreur, on veut presque remercier d'être ménagé par la réalisatrice.
On appréciera aussi l'interprétation plutôt sobre du casting de stars (Reno, Laurent et Elmaleh). Ils nous touchent. Au delà des défauts, La rafle fait son devoir de mémoire. Et c'est émouvant!