A quoi peut penser un Nord Coréen? Une question à laquelle essaie de répondre un universitaire qui n'aime pas les raccourcis réducteurs!
La Corée du Nord reste un mystère pour le reste du Monde. Qualifié de dictature stalinienne, ce pays se trouve être un pilier du fameux "axe du mal", un vestige dégénéré du communisme du XXe Siècle et un danger nucléaire.
Les rares images rapporent une extrême misère et un endoctrinement extrême. L'armée a le contrôle de tout. Jusqu'à la conscience collective d'un pays coupé du Monde.
On a déjà vu de nombreux documentaires sur ce monde à part, paranoïaque et belliqueux. Pourtant un universitaire aimerait rectifier le tir sur deux ou trois choses à propose des Nords Coréens.
Ce ne sont pas des communistes. C'est pire. Au coeur du système, il y a un racisme qui trouverait ses racines dans la colonisation japonaise. En 1945, le pouvoir commence à posséder les attributs du communisme.
Cependant les mythes résistent et se mélangent. La pensée du régime se base sur une idée: Les Coréens sont une race trop pure. Sa perfection est finalement son point faible. Elle a besoin d'un guide. Plus qu'un leader, Kim Il-Sung et sa descendance deviennent des guides familiaux et La Corée du Nord se représente comme une mère.
L'état Coréen materne d'une poigne de fer 23 millions de personnes. Le Coréen s'imagine vertueux et le régime est là pour le protéger de la corruption qui règne sur le Monde.
Nombril du Monde, La Corée du Nord a besoin de son ennemi juré, les Etats Unis qu'elle ridiculise dès qu'elle le peut. BR Myers rend compte de légendes sur les chefs coréens qui réinterprètent l'Histoire à sa guise. Il nous éclaire sur la propagande beaucoup plus complexe que les préjugés qui réduisent ce pays à une version stalinienne de 1984 de George Orwell.
C'est aussi inquiétant qu'assez exotique. Leur dédain pour les étrangers soigne toutes les plaies de la faillite du système mis en place et de plus en plus évidentes. Avec une volonté d'informer, BR Myers réalise un travail fascinant et nous permet de l'intérieur d'imaginer un Monde parallèle et déroutant. Bizarre, vous avez dit bizarre!
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 23/06/2011