RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

La Paranoïa

La Paranoïa

Rafael SPREGELBURD et Marcial DI FONZO BO

du 1er au 24 octobre 09 Théâtre National de Chaillot 1 place du Trocadéro 75116 Paris

Et ta critique ?




 

La Paranoïa, au théâtre national de Chaillot : un joyeux mais fastidieux délire de Rafael Spregelburd.

 

 

Tout comme La Estupidez (La Bêtise), également mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo et Elise Vigier à Chaillot en 2008, La Paranoïa appartient à la série Heptalogie de Hieronymus Bosch, un travail de près de dix ans inspiré par le tableau Les sept péchés capitaux (musée du Prado). La pièce propose notamment une réflexion foisonnante, d’une exubérance très sud-américaine (ou de l’idée qu’on s’en fait), sur la création et le statut des œuvres de fiction.


Après un préambule dans un sous-marin lance-missiles, puis dans une Chine de carte postale drolatique, l'action se transporte à Piriapolis, en Uruguay, dans environ 20.000 ans. Quatre personnages en costumes blancs futuristes/années 60, une femme écrivain, un astronaute, un mathématicien et un robot androgyne ont été mystérieusement réunis sous la houlette d’un général d’opérette pour satisfaire l’appétit de fiction, toujours plus exigeant, des « Intelligences ». Qui sont ces dernières ? Une métaphore narquoise pour désigner le public ? Non, tout simplement des créatures extra-terrestres, maîtresses du monde, qui voient en l’espèce humaine la seule capable de produire la précieuse fiction dont elles raffolent…


La pièce est truffée de jeux sur la langue, de références littéraires, cinématographiques, télévisuelles (les fameuses telenovelas sud-américaines). Son thème principal, son goût pour les jeux de miroirs et les rapports mathématiques font irrésistiblement penser à Borges, la netteté du trait et l’ambition intellectuelle en moins. Le télescopage des genres, au propre comme au figuré, n’est pas sans rappeler un Almodóvar, mais où le lyrisme et la poésie s’effaceraient presque totalement devant la farce ludique. La mise en scène, « survitaminée » , fait alterner ou agrège savamment scènes jouées et scènes filmées. Celles-ci sont projetées sur une ou plusieurs surfaces semi-transparentes, le rideau de scène ou des panneaux mobiles formant un grand cylindre au milieu de la scène.


Le bombardement de sons et d’images, ininterrompu pendant près de deux heures trente, laisse le spectateur plus d’une fois au bord du chemin, pantelant, quand le bolide théâtral poursuit sa course folle. L’impression dominante reste celle d’un chaos, à la fois joyeux et fastidieux, qui ignore ou finit par oublier la question soulevée par l’un des personnages et que tout le monde se pose : « quel est le sens de la totalité » ?

 

http://www.theatre-chaillot.fr/spectacle.php?id=112


Jacques

© Etat-critique.com - 15/10/2009