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Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

La Nuit sera calme

La Nuit sera calme

Romain GARY et Jacques GAMBLIN

Jusqu’au 17 décembre 2011 (inclus) Au 104 - Paris

Et ta critique ?




 

Le 104 n’est pas seulement un lieu d’expositions et de créations artistiques en tout genre. On y donne également des lectures de grands textes.

 

 

Jusqu’au 17 décembre inclus, vous pouvez avoir le grand bonheur d’entendre le comédien Jacques Gamblin dans « La nuit sera calme »  de Romain Gary. Il nous permet de retrouver avec joie cette puissante voix de la littérature française, qui ne doit pas être oubliée.

 

C’est assis à une table, face à un magnétophone, que la silhouette souple et musclée de Jacques Gamblin apparaît lentement dans l’obscurité puis dans la lumière.

 

La voix est belle, posée, et ce grand acteur de cinéma (Chabrol, Guédiguian, Zabou Breitman et même Shohei Imamura, excusez du peu) nous emporte plus d’une heure à la rencontre du grand Romain Gary.

 

Ce texte, condensé d’ouvrages et d’interviews de Romain Gary, a été créé en 2007 au Festival des Correspondances de Manosque.

 

Le magnétophone sert à un dialogue fictif, comme une interview étonnante et amusante, sensible, à laquelle François Bondy prête sa voix. Un faux échange plein de drôlerie et de tendresse.

 

Ici, on retrouve l’humanisme, la lucidité de l’auteur de « La promesse de l’aube » (ah, sa mère, omniprésente, aimante et pudique, et tant aimée) mais aussi le combattant de la Seconde guerre mondiale, l’admirateur de De Gaulle, le défenseur des opprimés.

 

Partout, l’humanisme de l’écrivain est palpable, sa sensibilité jamais mièvre et ridicule côtoie une profonde et saine colère, une révolte, un engagement contre toutes les bêtises, les lâchetés et les hypocrisies. Ce qui ne l’empêche nullement de se rire des postures idéologiques. Il lui arrive d’ailleurs de ne pas voter, perplexe devant les lâchetés, les compromissions, les mensonges.

 

Tout cela, Jacques Gamblin, avec sa voix bien timbrée, son jeu juste et minimaliste à la fois, le retranscrit à merveille. Gary est bien présent, avec nous, fragile et touchant, sage aussi, comme lorsqu’il parle de son amour pour l’océan, qui l’apaise.

 

Gary est là et c’est la prouesse de Gamblin de nous faire oublier le désespoir de celui qui mit fin à ses jours en 1980. Il y est à peine fait allusion mais l’écrivain, ici, est vivant, plus que jamais. Comme un superbe pied de nez à la mort et l’oubli.

 

www.104.fr


Marie Léon

© Etat-critique.com - 13/12/2011