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Jeudi 24 Mai 2012Livre

La Mort de Staline

La Mort de Staline

Fabien NURY et Thierry ROBIN

Une histoire vraie sovietique - 59 pages - Dargaud

Et ta critique ?




Le communisme et sa folie, voilà le sujet de cette ambitieuse bédé qui a le grand mérite de nous faire sentir le grand frisson. Une bonne leçon d'histoire (un peu romancé)...


Maria Ioudina s’oppose à Staline. Cette soliste refuse que l’on enregistre son concert pour le camarade secrétaire général. Un peu plus tard, c’est le chef d’orchestre qui meurt presque de peur…  Ils réalisent contre leur volonté, ce soir là, le dernier disque qu’écoutera Staline.

Le comité se réunit en urgence et se laisse emporter par le vent des conspirations, lot quotidien de la dictature communiste. Comment soigner l’homme à l’agonie sans passer pour un traite en cas de décès? Les meilleurs spécialistes académiciens sont appelés au chevet du malade. Le pouvoir et la peur entourent Staline. Les médecins tremblent.

Les membres se mettent à jubiler. L’ultime place à la tête de l’Union Soviétique va se libérer. Qui va le remplacer ? Le vieux soldat meurt doucement mais sa succession est dans toutes les têtes. Elles sont pleines de folie et d’envie.

Les auteurs Fabien Nury et Thierry Robin n’ont pas fait un travail historique. Cette bédé reste une fiction. Ils se sont imprégnés de nombreux documents, plus ou moins contradictoires. Ces derniers témoignent en tout cas de l’horreur russe dans les années 50.

La corruption et la perversité triomphent au sommet du pouvoir. Staline évoque la peur mais ses ministres ont des ambitions démesurées. Loin de toute morale, les clans sont prêts à se battre et entrainer un maximum de camarades dans leur chute.

Le dessin nous promène dans cette démence politique. Il y une espèce de frénésie qui se dégage des planches. Les visages se déforment. Les décors aussi. Les cases explosent à cause de la psychose ambiante. Par un habile jeu d’ombre, le dessinateur nous fait pénétrer dans cette danse anarchique et meurtrière autour du lit de Staline.

Chronique de l’aliénation, cette première bande dessinée est passionnante et on se demande jusqu’où le délire pourrait aller ! Vivement le second opus…


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 08/02/2011