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Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

La Menzogna (Le Mensonge)

La Menzogna (Le Mensonge)

Pippo DELBONO

20 janvier – 6 février 2010 Théâtre du Rond-Point, Paris 8ème de 10 à 33€

Et ta critique ?




 "Nous venons au monde et pleurons d'être arrivés dans ce théâtre de fous."




Pour commencer, Pippo Delbono nous raconte que sept ouvriers de Thyssen Krupp sont morts, brûlés-vifs, dans leur usine en Italie.

Puis le metteur en scène a l’idée géniale d’accoler un film d’entreprise de Thyssen Krupp - particulièrement racoleur - à l’intervention filmée d’un prêtre qui égrène les chiffres effrayants du capitalisme. La réalité des faits tranche violemment avec la séduction racoleuse de la propagande. Comment accepter que 400 individus monopolisent toutes les richesses du monde, ne laissant aux autres le choix que de mourir de faim ou de se tuer silencieusement au travail ?

 Tout est dit.

La pièce commence très lentement, dans décor industriel d'échafaudages et dans un silence dense de mort. Elle se poursuit dans une ambiance sulfureuse mâtinée de porno-chic façon Dolce & Gabana.  Le silence et la lenteur règnent, comme si Pippo Delbono voulait marteler son propos. Tout cela nous estomaque et aiguise notre curiosité. Le calme apparent laisse présager la force et la violence de ce qui va suivre.

 Car Pippo Delbono va tout faire pour nous choquer. Les outrages se multiplient (prêtres dépravés, nudité crue, exhibition de corps abimés) et le chaos est assourdissant. Quand les comédiens ne sont pas cois, ils hurlent, vocifèrent et même aboient, comme s’ils ne trouvaient pas les mots pour dire leur désarroi et leur tristesse infinie face à la folie du monde.

 Malheureusement, la curiosité et l’intérêt ressentis au départ se muent petit-à-petit en ennui. On résiste mal aux longueurs, certes assumées, de la pièce. Certes, je suis bien conscient de ce que l’on passe vite pour un horrible conservateur petit-bourgeois lorsqu’on n’apprécie pas ce genre de spectacle, mais je peux vous assurer que je n’ai pas été choqué par ce spectacle. Juste un peu déçu.

 C’est tout ? a-t-on envie de dire en sortant. Et l’on se dit aussi qu’à ce petit jeu là, Jan Fabre est bien plus percutant.

 ps: lien vers le site web du théâtre


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 22/01/2010