En duo avec Olivia Ruiz, Alain Bashung, Grand Coprs Malade, Emily Loizeau, Jean Rochefort..., le groupe de rock qu'il faut voir absolument sur scène (une énergie incommensurable) revient avec un album riche du fait de sa diversité.
Glacial. A l'instar de la pochette de cet opus musical, on sent que la chaleur n'est pas au rendez-vous. Et pourtant, dès la seconde écoute, l'oreille y trouve son compte en terme de chaleur. Une forme de machiavélisme se dégage sur "When The Saints Go Marchin'in", en duo avec Arthur H. Sa voix venue des ténèbres est pour le moins singulière.
La force de La mécanique du corps réside dans ces duos. Olivier Ruiz - que la rumeur disait en couple avec le leader de Dionysos (info Closer ;-) - effectue trois interventions pleines de brio. Plus précisément sur "Flamme à lunettes". Avec la mandoline caractéristique du groupe, son timbre se marie à merveille à celui de Mathias.
"Comme si j'avais mangé un hélicoptère..." : pas de doute, Mathias Malzieu n'a rien perdu de ses folles métaphores. Normal lorsqu'il intitule sa chanson "Symphonie pour horloge cassée". L'un des rares titres où le groupe valentinois joue non-accompagné. On retrouve de suite la touche très rock du groupe. C'est encore le cas piste 11 avec "King of the ghost train".
"Cunnilingus mon amour" résonne dans la tête toute la journée si vous avez "le malheur" de l'écouter au réveil. La tendre Babet (son album solo est une merveille) répond à Rossy De Palma, quand ce diable de Malzieu n'intervient pas dans ce texte amusant.
Grand Corps Malade pourrait se vexer, présent à deux reprises sur l'opus, et devrait se méfier d'Eric Cantona. En effet, l'acteur-footballeur et désormais chanteur se lance dans un récit qui, sans être du slam, capte l'attention et vient des tripes. L'"Epilogue" de cet album n'est autre que la suite du roman du même nom (La mécanique du coeur) paru le 24 octobre, qui démarre avec le naissance de Jack, le jour le plus froid du monde, en Ecosse, en 1874. Une réflexion sur la passion amoureuse et les souffrances qui en découlent, mais aussi sur la différence.
Dionysos n'a pas volé son nom. Le groupe se purifie avec les années, comme le bon vin...
Thomas Delavergne
© Etat-critique.com - 14/11/2007