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Jeudi 09 Février 2012Art-scène

 La Gastronomie dans l'art

La Gastronomie dans l'art

La gastronomie dans l'art - Artcurial - 7, place du Rond-Point des Champs Elysées 75008 Paris - Jusqu'au 21 septembre 2007

Et ta critique ?




Entrée, plat, dessert : Artcurial propose une formule complète servie par une jolie brochette d'artistes dont le point commun est d'avoir consacré une part de leur talent aux nourritures terrestres et roboratives.


La cuisine est-elle un art ? Si la question est pertinente au regard des plats imaginés par le chef (chimiste ?) catalan Ferran Adria du restaurant El Bulli, Artcurial détourne habilement la problématique en consacrant une très belle exposition à la cuisine dans l'art.

De la peinture flamande aux jeunes artistes contemporains en passant par Cocteau (un étonnant réfrigérateur "customisé") ou Warhol, la longue tradition de la représentation culinaire s'installe sur deux étages de l'hôtel particulier du rond-point des Champs Elysées.

L’occasion rêvée de faire la démonstration de la communion artistique et culinaire qui, toutes deux, puisent aux mêmes sources (curiosité, soif de connaissance et recherche d’expériences nouvelles) pour construire le “goût esthétique” d’une époque.

C’est donc à un repas élaboré dans les règles de l’art qu’est convié le visiteur. A commencer par le marché où l’on doit faire ses courses avant de passer en cuisine. Etals flamands du XVIe siècle (VanWalckenbourg), marché provençal (Raoul Dufy) ou travées de supermarché (Philippe Cognée) et caddie doré (Sylvie Fleury), à chacun de choisir selon son humeur.

Le passage en cuisine pour préparer le repas offre également quelques œuvres remarquables parmi lesquelles la cuisinière de Paul Rebeyrolle, la poubelle d’Arman et la vaisselle de Suboth Gupta, surprenante installation visuelle et sonore.

Dès lors le repas peut se dérouler naturellement : apéritif, entrée, plat et dessert, avec la seule notion de plaisir pour guider le choix des œuvres et le parcours proposé.

Huîtres sexuées de Bianca Sforni, Aspics de Natacha Lesueur, Caviar monster de Vik Muniz, Meatlof drawing for Meal on Weels de Keith Haring, fromages de Ben ou Magritte, fruits de Warhol... Desserts de Philippe Mayaux (les dérangeants Savoureux de toi), d’Aurélie Mathigot (gâteaux au crochet), de Richard Lindner (Belle à croquer sur fond de pain d’épice) ou de Hans Gissinger (l’explosif Drame pâtissier - à découvrir absolument !)... Tout est à sa place pour titiller nos papilles et nos neurones.

Quant à ceux qui quitteraient le rond-point des Champs-Elysées avec encore un petit creux, nous ne saurions trop conseiller de retrouver, jusqu’au 13 janvier prochain, au Musée du Luxembourg, le grand absent de cette exposition : Arcimboldo... que nous ne
manquerons pas d’évoquer prochainement ici-même.
 


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 15/09/2007