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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 La Ferme en Folie

La Ferme en Folie

Steve OEDEKERK

Et ta critique ?




Attention aux vaches folles ! Elles sont désormais capables de vous piquer votre voiture ou de se prendre pour l’équipée sauvage. La Ferme en Folie est le dernier délire de Steve Oedekerk et cela se voit à chaque instant.

Steve Oedekerk aime faire rire. Scénariste, il s’est fait remarqué en commettant cet attentat génial contre le bon goût , Ace Ventura en Afrique (qui a fait rire à son époque Jean Luc Goddard). Depuis il a participé à de gros succès du box office comme Le Professeur Foldingue ou Bruce tout Puissant.

 

Ce type là ne fait pas forcément dans la dentelle mais il a le mérite de déborder dans les excès les plus graveleux avec un certain sens de la subversion. La liberté semble habiter Oedekerk à la manière d’un Jerry Lewis. Il aime tout contrôler même si c’est pour défendre un humour peu raffiné. L’inédit Kung Pow le prouve. Le niveau de débilité est si haut que cela force obligatoirement le respect.

 

Voir cet hurluberlu s’intéressait à l’animation avait de quoi faire peur : La Ferme en Folie est à ce niveau un film très décevant. C’est calme. Pas de blagues scabreuses. Pas de poilades ironiques. Oedekerk a fait un film pour les jeunes et franchement, c’est dommage.

 

Otis est une vache pas très sérieuse. Tous les animaux de la basse tentent de cacher leur vie secrète (ils marchent et font la fête comme nous) tandis qu’Otis et ses amis multiplient les bêtises, peu discrètes. Ben, le père d’Otis est consterné et se méfie aussi de l’arrivée des coyotes à coté de la ferme…

 

Le message est alors classique : Otis paiera cher sa frivolité et devra prendre la relève de son père pour protéger la communauté. Bien entendu, il y a d’amusantes scènes et quelques personnages irrésistibles mais le discours est un peu réactionnaire.

 

L’animation ne sauve pas l’ensemble : elle est d’une pauvreté assez laide. On est à des années lumière des films de Pixar. Pourtant, il subsiste un intérêt. Oedekerk semble croire à son devoir d’auteur. Il ne défend pas un cinéma noble mais tient à maîtriser le plus possible ses créations, même si ces choix ne sont pas les plus judicieux. Steve Oedekerk est sauvé par son joyeux courage mais il ne sort pas, cette fois-ci, indemne de ses maladresses, trop voyantes dans ce dessin animé.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 24/02/2007