La femme qui frappe un texte mauvais n’en sort jamais heureuse…
Marianne Soumoy est une bonne comédienne. On sent chez elle un potentiel important, une fraîcheur, une légèreté qui flirte entre l’enfantin et parfois le cabotinage. Des états d’âme qui changent rapidement. Une aisance naturelle. Malheureusement, La femme qui frappe est un texte de Victor Haïm pauvre, vide. Même en une heure, l’ennui pointe le bout de son nez.
Le propos aurait pu être intéressant, il se construit sans queue ni tête. La femme est dactylo et tape les manuscrits de l’Auteur. Pour un doute sur une virgule, elle appelle l’Auteur au téléphone. Une relation débute. La dactylo finit par se plaindre de l’Auteur, une inconsciente mise en abyme dont l’Auteur devrait tenir compte… Avec beaucoup de maladresses et d’incohérence, l’intrigue s’effiloche d’elle-même pour épuiser un spectateur qui finit rapidement par douter de la sincérité de l’écriture.
Alors on s’accroche à Marianne qui porte à bout de bras ce texte, avec toute la foi d’une comédienne bienveillante. On en veut presque à Haïm d’avoir écrit et mis en scène un texte qui ne tient pas la route et qui met en danger une Marianne qui pourrait se brûler les ailes sur la durée de la programmation. La comédienne donne. Haïm prend. La dernière phrase est : "Faites moi confiance"… désormais, pour Haïm, ça va être difficile….
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Courteligne
© Etat-critique.com - 12/09/2011