La dispute de Marivaux ou la télé-réalité avant l'heure !
Qui de l'homme ou de la femme a commis la première inconstance, la première infidélité? Démonstration en images!
Prenez un nombre égal de représentants de chaque sexe qui, pendant les dix-neuf premières années de leurs vies, n'ont jamais rencontré personne d'autre que leur nourrice et leur tuteur. Faites-les se rencontrer chacun leur tour puis tous ensemble et ce, sous le regard attentif des parieurs.
La mise en scène de Vincent Dussart, est d'une originalité hors du commun.
Les miroirs où sont supposés se refléter les personnages sont des caméras de télé-surveillance qui vont projeter le jeu des comédiens sur le mur face aux spectateurs. Ce procédé nous élève un niveau au-dessus et permet de saisir toutes les émotions ressenties par ces personnages se découvrant pour la première fois. Tant sous le regard attentif des parieurs que sous le regard des spectateurs, transformés, pour l'occasion, en voyeurs. Un peu comme lors de toutes ces émissions de télé-réalité où l'on enferme des gens et où le télé-spectateur se transforme en voyeur malgré lui. Les comédiens se meuvent avec des gestes aériens, rappelant le ballet amoureux des oiseaux faisant la cour. Du "je", ils vont apprendre l'autre puis ils vont devenir "nous".
Le texte de Marivaux, servi à l'état brut, est, ici, sublimé par un décor épuré et des costumes très simples, sans frous-frous, ni dentelles et résonne encore à nos oreilles: "les deux sexes n'ont rien à se reprocher, ni à s'envier. Il y a égalité parfaite".Maurivaux, actuel plus que jamais.
Si vous voulez vivre une expérience exceptionnelle, plus actuelle que jamais, courrez vite au Lavoir Moderne Parisien car la pièce ne se joue que jusqu'au 11 février 2011.
http://www.rueleon.net/
Elena Amiridis
© Etat-critique.com - 03/02/2011