Voilà une autre trentenaire qui débat en chansons sur la condition féminine. L'humour va si bien aux femmes.
Marie Espinosa est une touche à tout. Elle a fait du cinéma et joué dans des spectacles musicaux comme Le temps des gitans de Kusturica. Elle a aussi fait la choriste pour Patrick Bruel. La demoiselle a plus d'une corde à son arc et tend cette fois ci sa voix pour écouter ce qu'il en sort.
Comme ses copines de chant, Marie Espinosa en a marre des ruptures et des obligations d'être belle et de se taire. Ses chansons règlent quelques comptes avec notre époque. Comme Rose, elle fait preuve d'humour et susurre avec un vraie habileté quelques vacheries bien senties.
Dès les premières paroles, la chanteuse cherche un public et fait du charme en racontant ses petits malheurs de brune célibataire mélomane et tourmentée. On pense un peu à Isabelle Adjani (un souffle court et une voix délicate). On regrette un peu qu'elle arrive après toutes les nouvelles gloires de la chanson française et sa fameuse nouvelle scène.
Lorsqu'on ne connaît pas Anaïs, Jeanne Cherhal et toutes les autres chanteuses à la mode, Marie Espinosa peut vraiment apporter de la fraicheur. Hélas, elle est un peu en retard et donc obligée de recycler les atermoiements des copines.
Cela dit, elle fait cela plutôt bien, portée par des orchestrations sympathiques et des mélodies légères. Avec une fausse country, elle peut s'émouvoir et rire de ses mésaventures de jolie jeune femme ou de fille bien née.
C'est donc de la petite variété sans prétention que propose Marie Espinosa. Elle n'a pas encore trouvé son style mais elle fait preuve d'un vrai talent qui mérite un peu plus d'originalité.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 03/02/2010