« La danseuse malade » aurait pu s’appeler « la comédienne chiante » ou « le metteur en scène prétentieux » !
Jeanne Balibar et Boris Charmatz se roulent par terre dans un psychodrame convulsif et essoufflant : ils passent une éternité à décoller le plastique du sol…
Puis Jeanne Balibar, au visage cadavérique, se lance dans une logorrhée interminable et incompréhensible, tout en conduisant une camionnette dont les phares aveuglent les premiers rangs.
Elle parle, elle parle, elle parle. Elle nous soûle surtout ! Et pour couronner le tout elle feint le rhume et parle comme si elle avait le nez comme une patate (est-ce une raison pour jouer comme une patate ?)
« J’ai conscience que mon rhube a rendu bon propos très bénible à suivre, hein, je bous rebercie de botre attention » nous dit-elle. (Quelques rires nerveux dans la salle.)
Mais pendant ce temps-là où donc est passé Boris Charmatz ? (Jeanne Balibar tourne en rond depuis 45 minutes…)
Eh bien figurez vous qu’il est dans le camion ! Et là où c’est très fort, c’est que son image (à lui qui est DANS le camion) est projeté SUR le camion, qui continue à tourner en rond. C’est dingue, non ? Non, c’est chiant !
A ce stade, on atteint l’acmé du spectacle : Balibar tourne en rond en klaxonnant tandis que Boris Charmatz lutte pour rester en équilibre à l’intérieur du camion. Tout deux soliloquent, déversant un flot de paroles incompréhensibles.
Quand soudain, il se passe enfin vaguement quelque chose : un chien passe !
Le chien reparti (au bout de cinq longues minutes, parce qu’il faut tout faire durer, et aussi sans doute parce que c’est l'animal qui joue le mieux) Boris Charmatz prend un micro dans lequel il parle fort. Il nous raconte qu’il voudrait voir un être humain battu par un chien et d’autres choses très intéressantes…jusqu’à ce que la lumière s’éteigne. Enfin !
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 24/11/2008