Après l’excellent remake d’Alexandre Aja, la remake de la suite est aussi mou que l’original. Mal foutu, à l’image de ses cannibales radioactifs, La colline a des yeux 2 est un simple produit de consommation pour la fête du cinéma. Mais évitez de manger avant ou pendant la séance !
Le remake de La colline a des yeux fut une étourdissante série B sans concession et un joli pied de nez à l’Amérique de Bush. Le Français Alexandre Aja a su retrouver les valeurs du film de genre avec un joli sens de la mise en scène.
L’annonce d’une suite avec des militaires pris au piège par les cannibales du Nouveau Mexique, laissait imaginer un spectacle tout aussi jouissif et joyeusement subversif. Wes Craven et son fiston rédigent le script tandis qu’un Allemand, Martin Weisz, réalise après un premier film sulfureux inédit chez nous.
La première scène de cette suite semblait annoncer un gros spectacle hardcore : on assiste à un accouchement douloureux et bien crade, qui vous fera regretter l’achat de bonbons et de pop-corn. Hélas, cette scène ne donne pas le ton du film. Aussitôt après l’histoire se bloque autour de quelques soldats de la garde nationale chargés d’apporter du matériel à des scientifiques dans le désert. Là bas ils tombent sur les barjots atomisés et déviants, adeptes de l’ultra violence.
Personnages stéréotypés jusqu’à la rangers, monstres plutôt risibles, scénario inconsistant. Très vite, le spectateur est coincé dans la lente progression des militaires, surpris par l’immonde famille qui vit sous les rochers du Nouveau Mexique. Ils sont efficaces pour éliminer les promeneurs mais ils prennent ici leur temps. Ce qui annule tout suspense.
Le film ressemble donc à un Starship troopers du pauvre. Les auteurs gomment le sous texte politique (tiens des militaires dans un désert, ça rappelle quelque chose) pour réaliser un film assez quelconque mais secoué par deux ou trois scènes nauséabondes à souhait. Si la colline a des yeux, on aurait apprécié qu’elle est aussi des tripes et pas seulement celles qui se répandent à l’écran.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 21/06/2007