La Chapelle-en-Brie: une pièce où le comique peine à émerger !
La Brie est sous l'eau. Il pleut sans discontinuer depuis quarante jours et André (Jean-Pierre Darroussin) en profite pour écluser les bouteilles de vin remontées de sa cave inondée. Il est sous l'eau... et soûlot (je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr que l'auteur a pensé à ce jeu de mot subliminable - sic - en écrivant sa pièce).
Arrive Albert (Pascal Elso), son frère qui travaille chez Maousse, vêtu d'un costume criard et affublé d'une cravate Mickey (au cas où l'on n'aurait pas compris pour Maousse...). Lui aussi est ivre, et stressé de surcroît. Il fait son entrée en mettant le pied dans une bassine pleine d'eau. Attention: comique clownesque!
Les deux frères, bientôt rejoints par leurs deux autres frères (Arnaud, alias Philippe Risler, et Alain, incarné par Patrick Bonnel), enchaînent les sentences définitives et comiques:
« A force de communiquer dans l'entreprise, on n'a plus rien à dire à la maison »
« Elle a les yeux les plus beaux du monde, mais la chatte la plus triste »
« Elle est malheureuse, elle va finir par voter à gauche »
« Melun aurait pu être Paris, il s'en est fallu de peu »
« Je croyais que papa était entré en Résistance. Oui, en 47! »
Tout cela est très drôle, certes, et l'on rit d'ailleurs souvent, mais pas franchement. Il faut dire qu'Alain Gautré (auteur et metteur en scène), a du mal à choisir entre comédie et tragédie, ne réussissant vraiment ni l'une ni l'autre. Il s'empêtre dans une série de drames et de secrets de famille dont il ne sait plus très bien comment se sortir. Du coup, il les multiplie à l'infini, vraisemblablement pour créer un comique d'exagération.
Sauf que l'on finit par s'ennuyer sec (ah, ah ! Ah, ah!), malgré des comédiens qui en rajoutent dans l'ébriété et le rire forcé pour tenter d'intéresser un public qui somnole de plus en plus à mesure que le temps passe (la pièce dure 1h45).
http://2009-2010.theatredurondpoint.fr/saison/fiche_spectacle.cfm/75392-la-chapelle-en-brie.html
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 16/10/2009