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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 LOVE

LOVE

THE BEATLES

(EMI – 2006)

Les commentaires

Goldilox

Le 27/02/2007

Désolé Roland, mais je crains que tu ne sois passé à côté de quelque de très bon. Ne pers pas de vue que cet album est avnt tout une commande (cirque du soleil) et pas qu\\\'un simple montage mercantile de bandes et fonds de tiroir.

A+

stéphane

Et ta critique ?




Love is all you don’t need: Recette de la grosse daube. Prenez exclusivement d’excellents morceaux nobles. Coupez-les n’importe comment avec une lame élimée. Faites mijoter en rajoutant des restes. N’oubliez pas de trop saler, et voilà ! Bon appétit les gogos !

L’envie m’est grande de placer chaque titre de cette play list entre guillemets : “Because”, « Get back » etc… tant cet indigeste mix est indigne, avec ses « nombreux effets sonores et bruitages provenant de morceaux divers » (sic) qui viennent grossièrement dénaturer sans aucun respect un nectar de quarante ans d’âge… Quand on pense qu’à ce jour il n’existe même pas encore une version correcte en CD de la discographie des Beatles et qu’on vient (Jérôme Soligny le premier !) nous présenter cette ineptie comme – je cite - une « véritable œuvre d’art, collage qui remet en perspective toute la saga musicale des Beatles » … « rêve qui devient réalité »… « un nouvel album des Beatles » ! C’est grave. Et bien sûr, on appelle ça Love, on met une pochette neo-psychédélique , on le sort un mois avant Noël avec un bon coup de ram-dam médiatique et hop, par ici la monnaie ! Remarquez je sais pas pourquoi je m’énerve, puisque les deux veuves et les deux survivants, complices de la première heure, trouvent ça génial… Où est le temps où les fab four s’insurgeaient quand leur œuvre était compilée sans queue ni tête ?

 It was fourty years ago today : Capitol sortait aux Etats Unis “The Beatles Yesterday and Today” une compilation mêlant des chansons de plusieurs albums sans réelle cohésion. En réaction, les quatre de Liverpool fournissent pour la pochette une photo d’eux-mêmes en tenue de boucher, avec sur les genoux des poupées-baigneurs étêtées mêlées à des morceaux de viande… Histoire de dire “arrêtez de massacrer nos bébés ». D’abord édité telle que, la sanguinolente « butcher cover » fera bien entendu rapidement scandale et sera censurée, remplacée par une photo plus anodine, collée par-dessus le premier tirage…(certains la décolleront à la vapeur pour récupérer l’original…coté actuellement au moins 10.000$) . Et tout ça juste pour une liste de morceaux inadéquate !

 Alors quand aujourd’hui George Martin, pervers pépère, se met à nous mixturer du HardDaysNightTheEndGetBack, du BlackBirdYesterday, du DriveMyCarWhatYourDoingTheWord, du StawberryFieldsPennyLaneInMyLifePiggiesHelloGoodbye…sans parler du Gnik Nus (Sun King à l’envers…eh oui les amis ! génial, pas vrai ? et même pas beau, en plus !) je ne comprends plus rien. Je reste plus que perplexe. J’ai peur. Je pense à tous ces malheureux qui vont découvrir les Beatles par l’entremise de ce carnage de supermarché. Et je me dis que c’est dommage . Et je me dis que c’est le signe d’une époque tellement à court d’idées qu’elle n’hésite pas à recycler ses trésors pour mieux les brader. Et je me dis que je suis peut être en train de devenir un vieux con. Et je m’en fous.

 Allez, j’ai bien mérité une petite face B d’Abbey Road pour me remettre…


Roland Caduf

© Etat-critique.com - 18/02/2007