ENCORE PLUS DE MORTS !
230 tragédies, 180 photos...
C’est avec cette accroche morbide et racoleuse à souhait, inscrite sur le bandeau du livre par l’éditeur, que Starenbath présente son nouvel opus (le précédent datant de 2004) revu et augmenté, de l’encyclopédie consacrée aux rockers morts. Et préfacée par Dick.
Ben, Dick Rivers quoi ! Notre grand rocker français toujours vivant, lui, et le seul disponible, Bernie Bonvoisin (chanteur de Trust) ayant décliné l’offre, il préparait le prochain discours très « antisocial » de Ségolène !
Mais revenons à nos vrais rockers.
Donc effectivement, le rocker ne fait pas de vieux os, sa devise pourrait être « vivre vite, mourir jeune ». Usage abusif de drogues et mélanges périlleux, comportement auto-destructeur, mal-être ; des excès et une fureur de vivre qui mènent parfois en enfer ces génies créateurs. Atteindre les 50 ans dans les années 60-70, tenait du miracle ! Et les Stones font figure de survivants.
Bizarrement, les rockers semblent plus exposés que les musiciens classiques, allez savoir pourquoi ? André Rieux a encore de beaux jours devant lui !
Bon, tout ça, on le savait déjà, me direz-vous, c’est vrai.
Toutefois, en choisissant d’entrer dans le monde sombre et brillant du rock par la porte de sortie, Bruno de Stabenrath nous permet de découvrir ou de revisiter les parcours de tous ces artistes disparus au sommet de leur gloire ou tombés dans la déchéance.
Est-ce parce que Stabenrath, musicien et passionné de musique, a lui-même été approché par la faucheuse et qu’un grave accident de voiture l’a rendu tétraplégique que ce livre existe ?
Ou simplement un hommage.
Ici pas de complaisance morbide et voyeuriste, excepté une faute de goût avec cette photo du corps d’Otis Redding repêché par les gardes-côtes après le crash de son avion, mais une rétrospective de chroniques bien documentées, précises, qui s’étendent de la mort de Buddy Holly et Ritchie Valens en 1959 à celle de Syd Barrett des Pink Floyd en 2006. Les chroniques sont classées par ordre chronologique, elles comportent la date du décès, l’âge, les circonstances et le groupe auquel appartenait éventuellement l’artiste, des photos puis s’ensuit une biographie où sont évoqués les événements et les albums marquants du groupe.
Bien sûr, ce catalogue de nécrologies n’a pas la prétention d’être exhaustif, cependant tous ceux qui ont contribué à faire évoluer les musiques et même certains moins exposés sous les feux de la rampe, y figurent. Notons un oubli entre autres celui de Phil Lynott (chanteur, guitariste de Thin Lizzy).
En tout cas, c’est une formidable occasion de dépoussiérer les vinyles entreposés dans la cave, alors sortez les bières et faites chauffer les platines !
Car même morts depuis des années, qui peut oublier ce que Lennon, Marley ou Hendrix ont apporté à la musique ? A l’heure de la célébrité facile, ou les carrières se font et se défont en un ou deux albums, on reconnait les grands, les surdoués, portés par le temps, traversant sans égratignures les âges.
Des rockers sont morts mais pas leur musique !
Les jeunes rockers d’aujourd’hui sont des durs en cuir et même Pete Doherty, après s’être fait péter une veine récemment à la suite d’un shoot, n’en fini pas de s’accrocher à la vie comme un malade, à quand le shoot fatidique ? A moins qu’Amy Winehouse ne le précède ?
Les paris sont ouverts !
Vous vous délecterez des photos dans Les destins brisés du rock 3 !
Bon, allez, pour finir, je sais que certains parmi vous sont joueurs alors je ne résiste pas à la tentation de vous en servir quelques-unes, de belles morts tragiques. Petit quizz entre potes, comptez les points :
- Janis Joplin ?
- Marc Bolan (chanteur de T. Rex) ?
- John Bonham (batteur de Led Zeppelin) ?
- Marvin Gaye ?
- Jeff Buckley ?
Dans l’ordre : overdose, accident de voiture (un peu banal pour le coup !), étouffé dans son vomi (la classe !), assassiné par son père, noyade dans le Mississipi.
Vous m’en remettrez une tranche ?
Marie Gallego
© Etat-critique.com - 23/01/2009