C’est absolument idiot, et c’est irrésistible !
Les Chiche Capon, ça ne se raconte pas, ça se vit. Si je vous dis que l’un de leur gags les plus hilarants consiste à se taper dessus avec un boudin en mousse pendant cinq minutes - montre en main - ça ne va pas forcément vous donner envie d’aller voir le spectacle. Il serait pourtant dommage de rater ce monument de clownerie jubilatoire, qui peut se déguster en famille.
Les Chiche Capon, avec leurs incroyables tronches, basent leur spectacle sur l’absurde et le délire. Officiellement, ils se basent sur un sondage - effectué par leurs soins auprès des clients d’un pub irlandais, «The Oliver Saint John Gogerty » (d’où le titre du spectacle) – pour mettre en scène l’évolution de l’Homme, de sa naissance à aujourd’hui. En pratique, rien ne marche comme prévu et la représentation prend vite des allures de spectacle d’école primaire complètement raté : ceux qui doivent entrer en scène arrivent systématiquement en retard, les comédiens oublient leur texte, se disputent, font des commentaires (« Il joue mal, non ? ») et doivent composer avec un mystérieux spectateur bien entreprenant.
Tous les gags, absolument tous les gags, sont démesurément étirés en longueur. Le roi empoisonné met dix minutes à mourir en se convulsionnant, deux personnages peuvent jouer inlassablement au ping-pong verbal pendant: oui, non, oui, non, oui, non… etc.
Le spectacle est à ce point miteux, leur interprétation est à ce point délibérément pathétique, que l’on ne peut s’empêcher de sourire d’abord, puis de rire aux éclats devant tant d’absurdité.
http://www.theatrelapepiniere.com/
http://www.myspace.com/leschichecapon
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 18/02/2011