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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 L'ultime question

L'ultime question

Juli ZEH

Traduit de l’allemand par Brigitte Hébert et Jean-Claude Colbus - Actes Sud - 413 pages

Et ta critique ?




Après La fille sans qualités, le nouveau roman du petit génie des lettres allemandes est forcément un événement. Que l’on se rassure : Juli Zeh est à la hauteur des espoirs que l’on place en elle.


Si j’osais, j’avouerais : L’ultime question est un roman impossible à résumer. Mais avouer une chose pareille c’est voir se détourner immédiatement le lecteur potentiel de la si douée Juli. Pas question de lui jouer ce mauvais tour, à elle qui nous en joue de si bons. A commencer par les merveilleux personnages qu’elle nous sert comme si sa réserve était inépuisable.

Oskar et Sebastian, amis de toujours, physiciens surdoués, inséparables durant des années, presque jumeaux, jusqu’à ce que leurs choix de carrières les sépare irrémédiablement. Liam, le fils précoce de Sebastian et Maike, son épouse, galeriste et sportive émérite. Ou encore Dobbelting, anesthésiste et amant de Maike...

Mais surtout, il faudrait parler de cet homme, coupable d’un double assassinat et qui explique qu’il ne peut pas être jugé puisqu’il vient du futur, d’un monde parallèle où ses deux victimes sont en parfaite santé. Et il faudrait expliquer que Sebastian, dont c’est justement le domaine de recherche, se fend pour Der Spiegel d’un long article qui tend à “confirmer” la thèse de l’assassin.

Il faudrait aussi évoquer les événements bizarres qui se déroulent dans la clinique où exerce Dobbelting, qui voit ses patients mourir avec un peu trop de facilité. Tests effectués in vivo par les laboratoires pharmaceutiques ?

Et même si on expliquait tout ça, on n’en serait encore qu’aux prémices d’une histoire au cours de laquelle serait perpétré un enlèvement destiné à entraîner un nouveau crime...

Et ce n’est qu’alors seulement que deux authentiques nouveaux personnages de légende pourraient faire leur apparition : les commissaires Schilf et Skura !

Bref, on ne s’en sortirait pas.

Il est donc préférable que je vous dise que L’ultime question, sous couvert des codes du roman policier, est une sorte de puzzle mêlant physique (quantique) et métaphysique, explorant notre rapport au réel et au virtuel. Et surtout que, du début à la fin, Juli Zeh n’offre que suspense, intelligence et plaisir littéraire.


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 06/10/2008