"No soucy, je forward ta propal à mon n+1 asap". Euh... Pardon ? une nouvelle langue ? Presque. Juste un échange de mail standard dans le milieu du consulting.
Une petite mise au point s'impose. Deux consultants : l’un en agence de communication, l’autre dans les systèmes d’informations. Chacun 34 ans au compteur, neuf ans en entreprise et neuf ans en open space. Ils ne sont pas encore morts et ils ont même écrit un livre !
On peut légitimement se demander comment ils ont pu tenir aussi longtemps en milieu hostile tant l'open space qu’ils décrivent relève d’avantage de l'arène de gladiateurs moderne que de l'espace de travail idéal pour jeunes cadres fraichement diplômés.
L’open space, quézako ?
En même temps que naissait une nouvelle forme de management... participatif, l'open space et ses nouvelles méthodes de travail faisaient leur apparition. Sur le papier, que du bonheur : abolition des barrières, de la hiérarchie, travail en commun, autonomie, meilleure circulation de l’information. Bref, la vie rêvée de toute une génération de SUP de CO. Bilan des courses après deux décennies de recul ? Le gros des troupes serait au bord du burn out.
Ah bon, mais comment est-ce possible ?
Petit diagnostic : sur la base de leurs expériences propres et de nombreux témoignages collectés au fil de leur carrière, nos deux auteurs-acteurs nous livrent sans détour la vie des jeunes cadres lâchés dans leur nouveau terrain de jeu : l'open space.
C’est avec une cocasserie parfois épique qu'ils lèvent le voile. Et c'est le cas de le dire car l'open space efface au propre comme au figuré les barrières. Toutes les barrières… Vie privée, vie sociale sont révélées au grand jour sous prétexte d'hyper-disponibilité.
Forcément on rit (jaune) devant la puérilité des saynètes sarcastiquement mises en scène.
Qui eut cru que derrière l'apparente convivialité de l'open space se cachait une violence (toute proportion gardée) dans les relations de travail au même titre qu'un grand isolement de chacun sur son projet ? On s'en serait douté, la promiscuité révèle au jour les traits de caractères de chacun. Les "on dit" sont légion et l'infantilisation des relations suit inévitablement !
Pas étonnant donc que cette joyeuse garderie devienne finalement génératrice de stress et d’anxiété.
Quoiqu'il en soit, si on se délecte de ces saynètes habilement stylisées, on reste un peu sur sa faim. Une partie "conseils" façon "guide de survie" en open space aurait été appréciable. Heureusement, ils ont prévu un petit lexique. C'est que sous cet avalanche d’anglicismes, on en perdrait presque son latin, pardon son franglais (sic).
Alors, doit-on redresser les cloisons ? A vous de juger !
Julien Cadet
© Etat-critique.com - 29/01/2009