Glass savait ce que le paquet contiendrait. Du moins, il pensait le savoir. Après tout, il en avait déjà vu quatre similaires. Et maintenant, maintenant, il allait devoir dire à a mère d'Amy ce qu'il savait...
"La mère d'Amy qui le dévisageait. Qui avait tellement peur qu'elle ne pouvait se résoudre à regarder ce paquet, si petit, si innocent, dans la main de Glass. Amy Gardner. Neuf ans. Un ange. Disparue depuis trente-six heures."
Et le lieutenant Solomon Glass qui mène l'enquête. L'enquête la plus horrible qui lui soit arrivée. Car dans le paquet, il y aura un morceau d'Amy et un message laconique expliquant à la mère que si elle veut sauver sa fille, il lui faut se suicider.
Une telle histoire traitée dans un mauvais polar donnerait un livre sanguinolent avec un tueur fou. La puissance d'Henshaw et Clanchy est de traiter l'histoire "de l'intérieur" : Alors pour le coincer, il faut cesser de penser à lui tout le temps, c'est ce que vous dites ? "Cesser de trop réfléchir à sa manière de penser pour regarder à l'intérieur de nous-mêmes. Ce que nous ferions, ce que nous serions capables de faire, s'il nous manquait cette pièce."
L’ombre de la chute est un livre d'une puissance rare, envoûtant, dont Glass est particulièrement bien construit (il faut absolument commencer par lire le premier, Si dieu dort, chez le même éditeur, pour ne rien manquer de la toile de fond), "un de ces romans noirs qui nous laisse difficilement en paix" comme le souligne à juste titre le quatrième de couverture.
Christophe Dupuis
© Etat-critique.com - 21/12/2008