L’exotisme n’est pas vraiment garanti dans les salles obscures, même si la climatisation est en panne. La preuve avec ce film d’aventure/comédie pour enfants mal ficelé qui ne fait que construire autour du vide. Oui, mais quoi ?
Quand une actrice, maman sur son temps libre, décide de soutenir un projet qui se concentre autour de la production d’un long-métrage qui ferait plaisir à sa progéniture, on se dit que l’intention est louable. Quand le résultat n’est susceptible de plaire qu’à la progéniture en question (parce que maman joue dedans), c’est déjà plus problématique.
Prenons une île tropicale avec son volcan, des pirates contemporains (des touristes grassouillets en shorts et sans considération pour la planète), des animaux qui jouent la comédie (parfois mieux que les humains, malheureusement), une petite fille toute mimi (recyclée de Little Miss Sunshine) et deux acteurs " internationaux " (Jodie Foster, la maman du premier paragraphe et Gerard Butler en Indiana Jones sous Valium).
On retrouve là les ingrédients classiques d’un film pour enfants véhiculant une morale sur le courage face à l’adversité. Encore faut-il savoir les mélanger. Encore faut-il les mélanger tout court. Tout ça aurait pu valoir quelque chose si seulement les personnages finissaient par se croiser. Il s’agissait de l’enjeu le plus intéressant à défaut d’être le plus original.
Mettre une écrivaine de romans d’aventure agoraphobe et paranoïaque au cœur d’une famille de Robinson Crusoé, c’est un bon début. D’autant plus qu’elle est hantée par son héros. Mais rien ne se produit. Tous restent dans leur coin jusqu’à la dernière minute, essayant de combler le vide et l’absence.
Jodie Foster passe tout son temps dans différents moyens de transport pour accéder à l’île, le papa tente de survivre à une tempête en plein milieu de l’océan et la fille tient la boutique et assure le peu d’aventure que l’on serait en droit d’attendre.
La grande réunion de tout ce (plus) si joli monde, cinq minutes avant la fin, ne fait que pousser la mièvrerie dans ses derniers retranchements. On a donc l’impression de voir le long-métrage commencer au moment où les crédits se mettent à dérouler. Un acte manqué ? Un très mauvais film en tout cas.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 24/04/2008