Les français à l’abordage du film de pirates, cela donne un long métrage complètement raté. Cette île aux Trésors aurait mieux fait de ne jamais être découverte.
Bien sûr, le spectateur va logiquement se rappeler la saga de Pirates des Caraïbes. Bien entendu, cela va porter préjudice au film d’Alain Berbérian, ancien camarade de jeux des Nuls.
L’entreprise est évidemment plus modeste. L’île au trésor est une coproduction européenne. Cela n’empêche. Tout fait toc dans cette aventure de brigands. Les décors. Les comédiens. L’histoire. Rien ne va et le projet touche très souvent le fond.
L’intrigue s’inspire de l’œuvre de Stevenson. Jim, un brave gars, apprend où se trouve un trésor mais il ne sait pas sur quelle île. Le roublard capitaine Silver connaît l’oasis qui fera leur fortune. Le duo va devenir trio avec l’arrivée d’une baronne psychopathe et proche de la ruine…
Ajoutez à cela un capitaine anglais, un officier en second homosexuel et un docteur alcoolique, vous obtenez une galerie hétéroclite mais complètement cacophonique. Chaque personnage joue sa partition sans suivre les autres. Les comédiens sont en roue libre, livrés à des cabotinages qui frisent la parodie.
Une bonne parodie est drôle. Ici, rien ne provoque l’hilarité. Les blagues sont molles. L’action est illisible. L’histoire ne se nourrit jamais des particularités des personnages. A part une idée marrante de cannibalisme, tout tombe à l’eau (pardon, c’était tentant) et ne parvient pas à trouver un ton humoristique.
Plus grave : le film a le rythme d’un téléfilm du service public. C’est d’ailleurs la nature première du projet. Les scènes ne s’emboîtent pas bien et le film souffre considérablement de cette succession de poncifs mal digérés !
Le film ressemble finalement à un moussaillon qui voudrait se faire passer pour un vieux de loup de mer. La mascarade ne dure pas longtemps… Et vogue la galère!
Pierre Loosdregt © Etat-critique.com février 2007
© Etat-critique.com - 12/02/2007