Un philosophe atteint par le mal d’amour, essaie de tuer cette douleur, cette "idée fixe" qui le ronge, en escaladant ces gros rochers qui surplombent la Méditerranée…
Tout à ses idées tristes, il est dérangé par un médecin de sa connaissance, un véritable casse-pieds. Celui-ci, en vacances, vient peindre la mer si belle à cet endroit, et éventuellement, pêcher quelques poissons...
En fait, il tente de tromper lui aussi son "mal". Le mal de l’activité, même en vacances. Les deux maux vont se rencontrer, s’opposer, se mesurer. Tout y passera, la vie, la mort, les hommes, les dieux...
En fait, notre "médecin casse-pieds" a compris très vite qu’il faut sauver le philosophe neurasthénique" de ses démons. Entre eux, naîtra une belle fraternité, une tendresse sourde mais réelle.
Ce n’est pas un texte facile que nous proposent Bernard Murat et Pierre Arditti. Il faut tout le talent et toute la finesse de ce duo complice pour faire passer les idées (fixes) d’un Paul Valéry inspiré et exigeant.
On rit quelquefois, on sourit souvent à observer les deux hommes se battre à coups de concepts, d’analyses et de théories. Et puis soudain, l’émotion nous gagne, leur humanité et leurs faiblesses nous touchent.
Un texte magnifique, servi par deux acteurs superbes.
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 07/03/2007